Un tunnel sans fin pour les riverains

Elisa Frisullo

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Cet immeuble de la place Chazette est le plus exposé aux nuisances en tout genre liées aux travaux sous la colline.
Cet immeuble de la place Chazette est le plus exposé aux nuisances en tout genre liées aux travaux sous la colline. — c. villemain / 20 minutes

Leur quotidien est devenu « invivable » depuis le début du percement d'un second tube sous la Croix-Rousse. Depuis fin 2010, les résidents du n°8 place Chazette (1er), voisins les plus directs du tunnel, côté Rhône, subissent de plein fouet les nuisances liées à cet énorme chantier, prévu pour durer encore de longs mois. Dans certaines familles, les tirs de mine réalisés depuis mars, pour creuser la colline, sont devenus synonymes d'insomnies. « Le bruit nous empêche de dormir plusieurs nuits par semaine. Car après le dernier tir, vers 22 h, nous subissons pendant 4 heures le va et vient des camions chargés de gravats », explique Marie-Alix, une mère angoissée pour la santé de ses enfants.

Des relogements en cours
Le chantier a amené beaucoup de poussière dans les habitations. « Les petits en inhalent donc », ajoute la résidente, qui devait être temporairement relogée hier par le Grand Lyon dans le 7e. Mais sur les six copropriétaires, tous n'ont pas accepté la proposition du maître d'ouvrage. « Mon mari, âgé, a beau être terrorisé par les vibrations liées au tir, il est trop fatigué pour que nous quittions l'appartement », explique une résidente, inquiète des conséquences du chantier sur l'immeuble. Dans les parties communes, plusieurs vitres se sont brisées sous l'effet des détonations. Des carreaux se sont cassés dans des salles de bain. « Et des fissures sont apparues sur nos plafonds », ajoute Bruno, habitant du 1er. Au Grand Lyon, où la situation est prise au sérieux, le ton se veut rassurant. « Nous avons installé des capteurs de vibrations. Il n'y a aucun danger pour les structures du bâtiment », assure le vice-président Gérard Claisse, chargé de la participation citoyenne, reconnaissant toutefois les « fortes nuisances sonores » imposées aux riverains. A 22 h 15 hier, un nouveau tir était prévu sous la colline.

indemnités

Une expertise a été réalisée avant le début des travaux dans les 2000 logements situés dans le périmètre du chantier. Selon le Grand Lyon, les propriétaires des habitations détériorées devraient être indemnisés, après contre-expertise, par le groupement mené par Vinci, chargé du chantier.