Coup de gueule pour les droits de l'homme

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Hier, lors de la présentation des actions qu'ils ont menées depuis quatre ans, les représentants du Conseil lyonnais pour le respect des droits (CLRD), émanation du conseil municipal, ont déploré le « déficit de connaissance de leurs travaux parmi les Lyonnais et parmi les élus ».

« Le maire de Lyon nous soutient. Mais derrière, ça ne suit pas », estime Alain Jakubowicz, avocat et président délégué du CLRD.

« Les élus nous considèrent comme des empêcheurs de tourner en rond alors que nous sommes là pour les aider ».

Créé en 1989 puis rebaptisé en 2001, le CLRD, composé d'associations et d'élus, regroupe 180 bénévoles.

A travers des rapports et des publications, ils tentent d'aiguiller la municipalité sur les problèmes de société liés à la dignité humaine.

Et de faire appliquer la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville, approuvée par la mairie en 2002.

Le conseil a ainsi travaillé sur le handicap, le négationnisme, la vidéosurveillance, le droit d'asile.

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Mais ces rapports restent souvent lettre morte.

Et les initiatives du CLRD, plutôt novatrices, demeurent peu connues ou mal perçues.

C'est le cas des Morts sans toi(t)s, un réseau de bénévoles qui assiste à l'inhumation des personnes décédées dans l'isolement.

« Les services funéraires nous voient comme des surveillants alors que nous voulons juste assurer une présence », indique Christine Masse, membre du bureau du CLRD.

Réclamant « un peu plus de considération », le conseil souhaite désormais « passer à la vitesse supérieure ».

Et désire travailler à l'échelle de l'agglomération.

Frédéric Crouzet

Le CLRD vient de publier A la rencontre des prisons de Lyon, une série de propositions innovantes pour la future maison d'arrêt de Corbas. Rens. : www.clrd.org ou 04 72 00 31 50.