Rhône: L'un des plus grands centres de soins d'oiseaux sauvages en France menacé

NATURE Basé dans le Rhône, le centre a fermé pour une durée indéterminée...

Carole Bianchi

— 

Le centre de soins des oiseaux sauvages du lyonnais a dû fermer ses portes pour une durée indéterminée.
Le centre de soins des oiseaux sauvages du lyonnais a dû fermer ses portes pour une durée indéterminée. — CENTRE DE SOINS

Ne plus décrocher le téléphone leur fend le cœur. Mais ils n’ont pas trouvé d’autre solution pour s’en sortir. Depuis une semaine, les trois salariés du centre de soins pour oiseaux sauvages du Lyonnais, l’un des plus importants de France en nombre d’oiseaux accueillis, ont cessé leur activité pour une durée indéterminée.

Ouvert il y a 13 ans à Francheville, le centre était devenu trop petit pour soigner quelque 2.000 oiseaux par an en moyenne. L’équipe avait donc décidé de déménager à Saint-Forgeux pour un site plus spacieux qui nécessitait des travaux. Mais faute de temps et d’argent, la mission était devenue impossible. «L’an passé, nous avions déjà refusé des oiseaux pour essayer de se réorganiser. Mais cela n’a pas suffit. Nous avons donc décidé de mettre le holà avant l’été qui est une période de forte activité pour nous», explique Pascal Tavernier.

«Mettre la pression aux partenaires»

Aujourd’hui, il manque pas moins de 80.000 euros à l’association pour les travaux du nouveau centre. Et l’équipe aimerait pouvoir compter sur 100.000 à 120.000 euros de budget de fonctionnement, contre 70.000 à 80.000 euros actuellement, financés pour moitié par les collectivités locales. «Nous sommes tous au Smic depuis le début. Tout l’argent va pour les oiseaux. En moyenne, un soin coûte 50 euros. Mais il y a de gros écarts car c’est 450 euros pour un cygne par exemple.»

Alors si cette fermeture pouvait «mettre la pression aux partenaires publics et privés», relève Pascal Tavernier, tant mieux.

Michel Forissier, conseiller général du Rhône et maire UMP de Meyzieu a entendu le message et a décidé «de défendre la cause». Durant l'épisode de grippe aviaire en 2006, l’association était intervenue pour soigner des oiseaux sauvages du Grand Large. «Leur objectif est louable, mais leur financement est aléatoire, reconnaît l’élu. Je vais sensibiliser un maximum d’élus pour tenter de dégager des moyens et d’établir un projet d’avenir solide.»

A la différence du conseil général du Rhône, les départements de l’Ain et de la Loire n’accordent que de maigres subventions au centre, alors qu’il soigne aussi les oiseaux de ces départements. «Notre objectif, c’est de rouvrir le plus rapidement possible, poursuit-il. Quelques élus se sont émus de l’arrêt de notre activité. Mais si personne ne bouge, c’est clair, nous serons condamnés à fermer définitivement.»

>> Retrouvez l'actualité lyonnaise par ici

CONSEIL
En cas de mortalité importante d’oiseaux, le centre conseille d’appeler la Direction départementale de la protection des populations au 04.72.61.37.00. Et si le grand public trouve des oisillons hors de leur nid, mieux vaut ne pas s’en occuper.