La mosquée veut des « excuses »

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Le recteur de la Grande mosquée de Lyon veut des explications. Mardi soir, le site d'informations Wikileaks a publié un document, rédigé par le Pentagone et destiné à faciliter la tache des enquêteurs pour identifier des terroristes et leur éventuelle appartenance au réseau Al-Qaida. Dans cette liste, neuf mosquées, dont celle de Lyon, seraient considérées comme des centres de recrutement pour Al-Qaida. « Outré et courroucé » par ces accusations « infondées et indignes », Kamel Kabtane a immédiatement demandé à rencontrer le consul des Etats-Unis. Le rendez-vous est pris pour 11 h, ce matin. Et la discussion se fera « en toute transparence ». « Je veux que les Etats-Unis reconnaissent leur erreur », a souligné le recteur.

Le préfet dément les accusations
Hier soir, le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a démenti l'information du Pentagone. « Les rumeurs ne sont absolument pas confirmées par les services en charge des questions de terrorisme, a-t-il déclaré. Dans tous les cas de figure, la Grande mosquée de Lyon ne saurait être considérée comme liée à une entreprise terroriste. » Connue pour favoriser le dialogue interreligieux, la Grande mosquée a été visée selon le recteur car « elle très présente dans la vie de la cité ». Il n'exclut pas non plus un lien avec l'origine des deux anciens prisonniers de Guantanamo, Nizar Sassi et Mourad Benchellali, qui habitaient à Vénissieux. « Nous payons les pots cassés », conclut-il.C. B.