Accusée d'être un foyer terroriste, la Grande mosquée de Lyon demande des explications aux Etats-Unis

TERRORISME Kamel Kabtane va rencontrer le consul des Etats-Unis jeudi matin...

C.B.

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La Grande Mosquée de Lyon, en décembre 2009. Le lieu de culte a été construit dans les années 1990 dans le 8e arrondissement de Lyon.
La Grande Mosquée de Lyon, en décembre 2009. Le lieu de culte a été construit dans les années 1990 dans le 8e arrondissement de Lyon. — P. FAYOLLE/SIPA

La liste affole la Grande mosquée de Lyon. Wikileaks vient de publier un document, rédigé par le Pentagone et destiné à aider les enquêteurs à mieux identifier des présumés terroristes et leur éventuelle appartenance au réseau Al-Qaida. Le texte détaille des «indices» pouvant éveiller les soupçons des limiers. Ainsi, toutes les personnes étant entrées sur le sol afghan après le 11 septembre 2001 sont d’office suspectées.

Neuf mosquées, listées pour être des centres de recrutement et de bases d’organisation pour Al-Qaida, sont également dans le viseur. Parmi elles, la Grande mosquée de Lyon, pourtant connue pour favoriser le dialogue interreligieux dans la région.

«On paye les pots cassés de Guantanamo»

Le recteur, Kamel Kabtane, ne comprend pas. Il se dit «outré et courroucé» de ces «accusations infondées et indignes». «On nous accuse d’être un lieu d’agitation lié à Al Qaida, alors que nous nous efforçons de diffuser des messages de paix», a-t-il déclaré à 20Minutes.

Il a immédiatement contacté le consul des Etats-Unis pour pouvoir discuter de ces accusations. Il le rencontrera jeudi matin à 11h «en toute transparence». «Je veux que les Etats-Unis reconnaissent leur erreur et démentent cette information», souligne-t-il.  «Cette agitation m’inquiète, à un moment où la communauté musulmane est stigmatisée et où l’on veut montrer à tout prix la partie la plus radicale de l’islam.»

Selon Kamel Kabtane, la mosquée de Lyon est visée car «c’est la plus en vue. C'est celle qui s’active beaucoup pour le dialogue interreligieux. Elle doit être trop présente dans l’opinion et la vie de la cité». Il n’exclut pas un lien non plus avec la médiatisation des deux anciens prisonniers de Guantanamo, Nizar Sassi et Mourad Benchellali, qui habitaient à Vénissieux (Rhône). «Nous payons les pots cassés», conclut-il.  

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