"Fausse" alerte à la pandémie à Lyon

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Un homme malade arrive d'Asie vendredi matin, à 9 h 30, à l'aéroport de Saint-Exupéry. Etat grippal, pneumopathie. S'agit-il des symptômes de la forme humaine de la grippe aviaire ? Un périmètre de sécurité est installé autour de l'avion. Le malade est acheminé au service des maladies infectieuses de l'hôpital de la Croix-Rousse. Telles sont les grandes lignes du premier exercice de pandémie de grippe aviaire qui doit se dérouler demain, à Lyon, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d'élus locaux. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, Xavier Bertrand, secrétaire d'Etat à la Santé et Dominique Perben, ministre des Transports, doivent assister à cet exercice avant d'aller visiter à Marcy-L'Etoile les laboratoires de Sanofi-Pasteur, à qui le gouvernement a commandé plusieurs millions de vaccins.

La simulation a pour but de tester le plan gouvernemental « pandémie grippale » et de vérifier la coordination des acteurs, notamment dans le secteur hospitalier. « Pourtant, en cas de grippe aviaire, ce ne sont pas les hôpitaux qui seront en première ligne mais les médecins généralistes », estime Jacques Caton, président de l'Union des médecins libéraux de Rhône-Alpes, qui va former dès le mois prochain les 11 000 généralistes et spécialistes de la région. « Tout le monde devra porter un masque et il faudra savoir gérer les comportements irrationnels », prévient Etienne Crozier, « Monsieur Grippe aviaire » parmi les médecins du Rhône. Certains de ses patients exigent déjà du Tamiflu. « Ce n'est pas un vaccin mais un antiviral destiné aux malades », insiste ce généraliste du 8e arrondissement.

Frédéric Crouzet

Le plan gouvernemental « pandémie grippal » table entre 91 000 et 210 000 décès en France dus à la forme humaine de la grippe aviaire, et jusqu'à 21 millions de malade, « en l'absence d'intervention sanitaire ».