Vague de violences à la prison pour mineurs de Meyzieu, près de Lyon

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Tensions maximales à l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu. Depuis dimanche, une vague de violences sévit à l’intérieur de cette structure, où sont emprisonnés actuellement 35 jeunes détenus. «On vit l’une de nos pires périodes depuis l’ouverture de l’établissement il y a quatre ans», confie ce mercredi Allan Tirloit, surveillant pénitentiaire à Meyzieu et délégué Ufap/Unsa.

Depuis le 27 mars, quatre surveillants ont été blessés selon lui en tentant de ramener de l’ordre au sein de l’EPM et deux autres violemment agressés par un détenu. «L’un de mes collègues vient d’être transporté à l’hôpital après avoir été agressé cet après-midi», ajoute le surveillant.

Des violences régulières depuis plusieurs mois

Dimanche midi déjà, pendant la distribution du repas, un détenu de 15 ans, transféré récemment de Marseille à Meyzieu «pour avoir commis des actes de violence», s'est jeté sur un gardien pour lui assener des coups. «Si mes collègues n’avaient pas été là, je ne sais pas ce qui se serait passé», ajoute Allan Torloit qui dit avoir alerté à plusieurs reprises l’administration pénitentiaire sur la poussée de violences observée à l’EMP depuis plusieurs mois.

Pour ramener le calme parmi les mineurs, le syndicat Ufap-Unsa réclame «des sanctions immédiates» à l’encontre des détenus ayant participé activement aux agressions. Et le transfert des mineurs les plus violents.

Les détenus modèles récompensés?

Depuis plusieurs mois, les personnels demandent également la mise en place du régime différencié. Ce système, qui existe déjà dans d’autres prisons pour mineurs, consiste à instaurer un système de bonus, permettant aux détenus les plus respectueux, investis dans leur projet de réinsertion, de faire davantage d’activités que celles prévues au quotidien.   

«Cela ne règlerait sans doute pas tout mais ça permettrait de remettre les choses en place avec les mineurs et de repartir sur de bonnes bases», ajoute le délégué Ufap.

L’administration pénitentiaire n’a pas encore donné son accord pour la création d’un tel dispositif.