Lyon: Des familles portent plainte pour des cas de violence à l'internat Favre

INFO 20 MINUTES Plusieurs familles ont préféré retirer leurs enfants...

Elisa Frisullo et Frédéric Crouzet

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Malaise à l'internat Adolphe-Favre (4e). Cet établissement municipal de réussite éducative, menacé de fermeture en début d'année, connaît aujourd'hui de graves dysfonctionnements. Selon nos informations, une quinzaine de familles ont, depuis un an, retiré leurs enfants de cette structure, où une soixantaine d'élèves en difficulté sont accueillis pendant l'année scolaire.

«Là bas, les gamins doivent faire face à des brimades quotidiennes, ils sont oppressés, stressés. Il se passe des choses pas nettes», témoigne Vincent, un père de famille. En février, ce Lyonnais a décidé de retirer ses trois enfants de l'internat après avoir porté plainte pour «des violences aggravées commises sur son fils de 12 ans par un éducateur».

Une plainte pour attouchements

Le temps de l'enquête, ce contractuel a été mis à pied. Tout comme un de ses collègues, âgé d'une quarantaine d'années, récemment suspendu suite à une plainte pour «attouchements sur mineurs». «Une enquête policière est en cours», confirme le conseil général du Rhône, chargé de recueillir «toutes les informations préoccupantes relatives à des enfants en danger».

Depuis la rentrée, plusieurs adolescentes sont sorties de leur silence pour dénoncer des abus dont elles se disent victimes. Elles ont depuis quitté l'internat, où, selon plusieurs témoignages, règne un climat de «peur et de tensions».

«Par crainte, des familles qui voulaient dénoncer certains faits ont préféré enlever leurs enfants sans faire de vagues», indique une source proche du dossier, néanmoins convaincue de l'importance d'une telle structure. «Les éducateurs font du mieux qu'ils peuvent, reconnaît le père de famille. Mais certains jettent le discrédit sur l'internat en écrasant les enfants, venus ici pour être mieux encadrés que chez eux».

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ENQUETE
Au moins une plainte pour «attouchements sexuels sur mineurs» a atterri à la brigade des mineurs de Lyon, où en enquête est en cours. L'éducateur suspendu doit être prochainement entendu. Aucune suite n'a pour l'heure été donnée à la plainte pour «violences aggravées» déposée par Vincent.