Rendez-vous judiciaire pour Collomb

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Le maire de Lyon doit recevoir des hôtes un peu particulier. Deux enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire de Lyon se rendront aujourd’hui à l’hôtel de ville. Gérard Collomb (PS) doit y être entendu comme témoin dans le cadre d’une enquête sur le financement de plusieurs associations proches du PS par l’ancienne municipalité socialiste de Saint-Fons. Dans ce dossier de détournement de fonds et de fausses factures, à l’instruction depuis avril 2002, figure l’association Etudes et prospectives Rhône-Alpes (Epra), présidée par l’élu lyonnais à sa création en 1986. Cette affaire a éclaté en 2001 quand le PS a perdu la mairie de Saint-Fons, un de ses vieux bastions. Le nouveau maire, Michel Denis (sans étiquette), rend alors public un audit qui révèle que près de deux millions d’euros de subventions municipales auraient été détournés entre 1996 et 2000. Dans les années 1990, la mairie de Saint-Fons versait d’importantes subventions au Comité pour nos gosses (CPNG), structure en charge de la jeunesse. Une partie des sommes était ventilée dans d’autres associations comme Léo-Lagrange, qui mettait du personnel à disposition du CPNG. Mais selon l’enquête, les prestations étaient largement surfacturées. Au bénéfice de qui ? Difficile de le savoir. L’homme soupçonné d’être au centre de ce système présumé, Michel David, secrétaire général de la mairie de Saint-Fons et chef de la section locale du PS, est mort d’un cancer début 2001. Il était également le trésorier de l’association Epra, qui a encaissé près de 200 000 euros au milieu des années 1990 avec des chèques destinés à d’autres structures et grossièrement falsifiés. Gérard Collomb affirme quant à lui avoir coupé les ponts avec Michel David en 1989 et avoir démissionné d’Epra la même année. Acte que le trésorier n’aurait pas transmis à la préfecture. Embarrassante pour le PS local, cette affaire a déjà conduit à la mise en examen des socialistes Yves Mongenot, ancien maire de Saint-Fons et de Yves Blein, un vice-président du Grand Lyon. Frédéric Crouzet

PJ « Le principal suspect étant mort, la montagne risque d’accoucher d’une souris », indique un policier. Trois juges d’instruction se sont succédés en 3 ans.