Le détonnant chantier du tunnel de la Croix-Rousse à Lyon

URBANISME Les tirs d'explosifs doivent débuter cette semaine sous la Croix-Rousse, côté Rhône...

Frédéric Crouzet

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Dans le tunnel, une foreuse automatique effectue les trous qui recevront les explosifs sous forme de gel.
Dans le tunnel, une foreuse automatique effectue les trous qui recevront les explosifs sous forme de gel. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Il y a d'abord deux coups de corne de brume très brefs, suivis d'un plus long. Puis c'est l'explosion, qui surprend à chaque fois Andrée et fait trembler les vitres de cette voisine du chantier du tunnel de la Croix-Rousse, côté Saône.

Depuis novembre, le second tube est percé dans la roche à grand coup d'explosifs. Pas moins de 80 tirs ont déjà eu lieu, permettant aux ouvriers de progresser de près de 400 mètres sous la colline. «A chaque fois j'ai l'impression que notre immeuble va s'effondrer», dit-elle.

Corne de brume et capteurs sur les immeubles

A partir de cette semaine, les habitants du côté Rhône de la colline auront eux aussi droit à trois ou quatre explosions hebdomadaires. Depuis l'entrée Est de la place Chazette (Lyon 1er), les ouvriers ont déjà creusé environ 80 mètres de roche tendre. Et vont bientôt rencontrer des blocs de granit qui vont nécessiter le percement de la roche par un robot et l'introduction d'un mélange de plusieurs explosifs sous forme de gel.

«On va mettre le même dispositif de prévention que côté Saône pour limiter les nuisances», indique Maxime Chattard, responsable de ce chantier au Grand Lyon. A savoir le système d'alertes par corne de brume et des capteurs sur les immeubles.

Du bruit pour les riverains

Coté Saône, le dialogue entre riverains et les entreprises de BTP a permis quelques avancées: pose de double-vitrage dans certains logements, caisson anti-bruit à l'entrée du tunnel ou l'installation d'avertisseurs de recul à basse fréquence sur les engins de chantier. «Cela fait un peu moins de bruit qu'au début», constate Andrée, qui déplore cependant toujours le passage incessant des camions.

«Le volume sonore a diminué de 20 décibels. Les tirs ont aussi lieu plus loin», explique Maxime Chattard. Les explosifs devraient encore être utilisés pendant un an. La fin du percement de ce tunnel de 1,7 km est prévue pour mars 2012.

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Bus et vélos

Le second tube du tunnel de la Croix-Rousse est créé pour des raisons de sécurité. Seuls les piétons, les bus et les vélos pourront y circuler.