A Lyon, des bars laissent encore la clientièle fumer malgré l'interdiction

REPORTAGE La nouvelle législation est pourtant entrée en vigueur il y a trois ans...

Frédéric Crouzet

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Les patrons de bar que nous avons rencontré laissent souvent les clients fumer pour éviter le bruit à l'extérieur.
Les patrons de bar que nous avons rencontré laissent souvent les clients fumer pour éviter le bruit à l'extérieur. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Dans ce café de la Croix-Rousse, en fin de soirée, il y a des verres de vin et des demis de bière sur toutes les tables, des cacahuètes, des tapas. Mais aussi des cendriers, pleins. Un léger nuage de nicotine flotte au-dessus des têtes, qu'un extracteur d'air tente de dissiper.

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«Si j'envoie les gens fumer dehors, sur le trottoir, il va y avoir du bruit et les voisins vont se plaindre. Je préfère les laisser fumer dans le bar, surtout l'hiver, que de risquer une fermeture administrative pour tapage nocturne », justifie le patron, qui souhaite garder l'anonymat. La clientèle apprécie, évoque un « espace de liberté». «Ceux qui ne supportent pas la cigarette ne sont pas obligés de venir», tranche une jeune cliente au comptoir.

342 infractions en 2010

Trois ans après l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, les entorses à la réglementation sont encore nombreuses. En 2008, la police avait dressé un peu plus de 200 PV à Lyon pour «infraction à la loi sur le tabac dans des lieux affectés à un usage collectif». «Il y en a eu 317 en 2009, 342 l'an dernier sur la ville de Lyon», indique la préfecture. Tarif pour les contrevenants:135 euros pour l'établissement, 68 pour le client. De nombreux établissements se sont pourtant équipés pour continuer à recevoir légalement la clientèle fumeuse: terrasses chauffées, fumoirs homologués...

En Presqu'île, ce nouveau bistrot vient lui de s'équiper de deux cabines. «Mais en fin de soirée, je laisse les gens fumer dans la salle. Un bar doit aussi savoir rester convivial», note le gérant. Dans la même rue, le patron d'un restaurant invite une tablée à se rapprocher du comptoir pour fumer. «Tant que tout le monde est d'accord, ou qu'on est entre habitués, je ne vois où est la gêne», dit-il. Dans un bar voisin, le gérant a ouvert un local à l'étage. «Mais il ne faut pas y aller à plus de quatre, sinon on étouffe», prévient le serveur. Ici, pas question cependant de fumer dans la salle principale. «Des barmens malades d'avoir respiré de la fumée, j'en connais. Non merci», lance t-il.

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