Lyon: jeu de piste autour de l'art contemporain

CULTURE Pour la première fois, le Musée d'art contemporain de Lyon utilise la ville comme lieu d'exposition...

Carole Bianchi
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Des oeuvres de l'artiste Pascale Marthine Tayou sont exposées jusqu'au 15 mai dans plusieurs lieux insolites de Lyon, dont le magasin Bahadourian (3e).
Des oeuvres de l'artiste Pascale Marthine Tayou sont exposées jusqu'au 15 mai dans plusieurs lieux insolites de Lyon, dont le magasin Bahadourian (3e). — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Assises sur un banc de l'église Saint-Bonaventure (2e), Yvette, 81 ans, et Solange, 78 ans s'interrogent: «C'est quoi ces gamelles?» Curieuses, elles scrutent l'œuvre de l'artiste Pascale Marthine Tayou, une gigantesque colonne de marmites décorées et empilées les unes sur les autres au milieu de l'édifice. «C'est bizarre, ça interpelle. Mais c'est le but de ce nouvel art, non?»

Comme dans un véritable jeu de piste, le grand public peut découvrir, dès ce jeudi, une quinzaine de pièces produites par l'artiste camerounais qui expose au Musée d'art contemporain de Lyon, trop petit pour accueillir sa production très prolifique. «L'idée n'était pas de les exposer dans des vitrines, mais nous voulions qu'elles habitent des lieux peu ordinaires», explique Pascale Marthine Tayou.

«On attend les visiteurs!»

Comme le commissariat de police du 1er arrondissement, qui expose jusqu'au 15 mai un faux billet de banque et un «diamant noir». «Désormais, on ira aussi au commissariat pour regarder une œuvre et non plus seulement pour porter plainte», s'amuse l'artiste.

Nourdine, patron de la boucherie de Casa, à la Guillotière, «attend les visiteurs» de pied ferme. Emballé par ce projet, il a au-dessus de lui un tableau d'étiquettes de têtes de bœuf, en rouge, bleu et marron. «C'est une bonne idée, mes clients découvrent d'autres cultures», relève le boucher. A quelques pas de son commerce, l'œuvre de tables enchevêtrées installées place Gabriel-Péri est sûrement la plus imposante. «C'est intéressant de voir comment chacun réagit. Quelqu'un a par exemple déjà essayé de voler une table!», s'exclame-t-il.

Au Monoprix de Cordeliers (2e), l'ambiance est tout aussi déjantée. Deux roues d'insultes ont été installées dans le rayon vêtements. Sur chacune d'elle, les clients peuvent lire «Casse-toi pov'con» ou encore «Pue l'pipi» ou «sac de bave». Et y jouer pour se moquer avec humour de son voisin. «C'est formidable que l'enseigne ait accepté de jouer le jeu, relève Thierry Raspail, directeur du musée d'art contemporain.»

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