Une manifestation contre un local «néo-nazi»

POLEMIQUE Des associations se réunissent ce mercredi place Jean-Macé...

Manuel Desbois

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Un local, situé impasse de l'Asphalte dans le quartier de Gerland (7e), à Lyon, inquiète le collectif rhodanien de «vigilance contre l'extrême-droite». «Ce local privé est loué par des gens clairement néo-nazis, qui appellent à la haine et à la violence, décrit une représentante du collectif. Nous organisons un rassemblement pour réagir de manière politique et non-violente à la recrudescence des agressions de groupes d'extrême-droite.»

Composé d'associations, de syndicats et d'organisations politiques de gauche, le collectif appelle à manifester ce mercredi soir place Jean-Macé, devant la mairie du 7e.

Un dossier à charge sur Internet

«Cette association se réunit à Gerland, pour des concerts où certains d'entre eux font le salut nazi, décrit Jean-Pierre Flaconnèche, maire PS de l'arrondissement, qui recevra des manifestants. Ca m'échappe complètement que l'on puisse faire ce genre de choses.» Ce local est occupé depuis mai 2010 par l'association «Lyon Dissident».

Sur leur site Internet, on peut voir des concerts de rock, fréquentés essentiellement par des hommes au crâne rasé. Leurs activités sont dénoncées dans un dossier diffusé sur des sites Internet d'extrême-gauche, où le local est qualifié de repère de «néo-nazis».

«La musique comme vecteur d'expression»

Une qualification réfutée par Alex, porte-parole de l'association. «Les qualificatifs politiques ne nous concernent pas, dément cet ambulancier de 28 ans. Tout cela peut être appelé identité patriotisme, mais sûrement pas néo-nazisme». Les occupants de l'impasse déclarent utiliser «la musique comme vecteur d'expression».

Les groupes accueillis, comme «Frakass», expriment des références aux «frères aryens» dans une de leurs chansons. Ce mercredi soir, un dispositif policier «renforcé» sera mis en place, «pour éviter une rencontre avec une éventuelle contre-manifestation», anticipe Jean-Pierre Flaconnèche.

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VIOLENCES
Dans la nuit du 15au 16 janvier dernier, un couple aurait été violemment agressé par des militants d'extrême droite, après un concert à Villeurbanne. Les identitaires et les militants d'extrême-droite ont également fait parler d'eux lors du «kiss-in» en mai dernier, en octobre lors d'une marche «anti-racailles» pendant les manifestations contre les retraites, et lors d'attaques contre des piquets de grève.