Lyon: un couple gay agressé par un voisin

FAIT-DIVERS Roués de coups et traités de «sales pédés» les deux hommes ont porté plainte...

Carole Bianchi

— 

Julien doit savoir le 23 février 2011 s'il doit se faire opérer de sa double fracture du nez.
Julien doit savoir le 23 février 2011 s'il doit se faire opérer de sa double fracture du nez. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le visage encore tuméfié, Julien reste cloîtré chez lui depuis dimanche. De crainte de croiser son agresseur dans sa cage d'escalier. De retour de boîte de nuit avec son ami, peu après 6h, ils ont été roués de coups et traités de «sales pédés» au pied de leur immeuble, dans le 1er arrondissement de Lyon, par quatre hommes. Dans le groupe se trouvait l'un de leurs voisins, qui rentrait chez lui éméché.

«Je n'avais jamais croisé ce voisin, témoigne Julien, 27 ans, chef d'entreprise. Cela ne se voit pas sur nous que nous sommes gays. Mais dans l'immeuble, notre situation est connue. Il a pu en entendre parler.» L'agression dure plusieurs minutes avant qu'un ado s'interpose et permette à Julien d'appeler la police. Son voisin remonte alors sans crainte chez lui.

Neuf jours d'ITT et une double fracture du nez

Pour Julien, le bilan est lourd. Neuf jours d'incapacité de travail pour une double fracture du nez et un œil touché. Son ami, Steeve a quelques bleus à la jambe.

Les deux hommes ont porté plainte pour «violences volontaires en réunion et propos homophobes».

Le procureur saisi

L'association lyonnaise Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) a saisi le procureur de la République «pour que les agresseurs soient jugés en correctionnelle.»

En décembre, la cour d'appel de Lyon avait condamné deux hommes à huit mois de prison avec sursis et 2.500 euros de dommages et intérêts pour une agression homophobe qui s'était déroulée en 2007, dans le 1erarrondissement également.

>> Retrouvez l'intégralité de l'actualité lyonnaise par ici

VIGILANCE
Après plusieurs agressions homophobes recensées dans le 1er arrondissement, la LGBT «demande à ce que la police nationale porte une attention particulière dans ce quartier très vivant la nuit». A la sortie des boîtes ou des bars, c'est «souvent là que les haines les plus vicérales ressortent», relève son président David Souvestre.