Le tueur muet du Malaga aux assises de Lyon

JUSTICE Un maçon est jugé pour les trois meurtres de Saint-Laurent-d'Oingt...

Frédéric Crouzet
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Ce samedi 2 février 2008 à l'aube, le père de Sergio C., un maçon de 32 ans du Bois-d'Oingt, appelle les gendarmes. «Mon fils a fait une grosse bêtise», dit-il au téléphone. Quand les militaires se rendent au Malaga 4, le bar restaurant de Saint-Laurent-d'Oingt où Sergio a fini sa soirée, ils découvrent avec effroi la «bêtise»: trois corps dans une mare de sang.

Le patron du bar, Domingos da C.R., et une cliente, Michelle S., ont été abattus de plusieurs balles de calibre 7.65, avant d'être roués de coups. La cogérante, Amélia C., est elle grièvement blessée, la gorge tranchée. Elle décédera deux mois plus tard à l'hôpital. Sergio C., qui comparaît à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises du Rhône pour ces trois meurtres, n'a cependant jamais livré d'explications à ce terrible bain de sang.

Altercation sur fond d'alcool

Réputé travailleur et sans histoire, Sergio C., artisan maçon et père de trois enfants, avait juste raconté aux enquêteurs qu'il avait passé l'après-midi du vendredi 1er février 2008 dans plusieurs bars, à Lozanne et Villefranche-sur-Saône. Et décidé de finir cette soirée arrosée au Malaga. Une dispute aurait alors éclaté avec les gérants. Le maçon est ensuite retourné à son domicile, a glissé son pistolet dans son pantalon, avant de revenir au restaurant et de massacrer ses occupants.

«La thèse de la dispute alcoolisée n'est pas convaincante. Il s'est acharné sur ses victimes. Face à une telle boucherie, il doit s'expliquer, raconter l'histoire qu'il y a derrière cette tuerie», estime Me Frédéric D., qui représente les sœurs d'Amélia C., parties civiles. Le verdict est attendu vendredi. Sergio C., incarcéré depuis deux ans à la prison de Villefranche, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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