Le vélomobile en procès

Frédéric Crouzet
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Pierre Delorme est arrivé, hier, au tribunal à bord de son vélomobile.
Pierre Delorme est arrivé, hier, au tribunal à bord de son vélomobile. — C. Villemain / 20 Minutes

Audience inédite pour un drôle d'engin, hier, au tribunal de police de Lyon. Pierre Delorme, un cycliste de 41 ans, comparaissait pour « vitesse excessive » après avoir été arrêté en mai 2010 au parc de la Tête-d'Or à Lyon à bord de son étrange vélomobile. Il s'est rendu au palais de justice aux commandes de l'objet du délit, un vélo à trois roues caréné comme une voiture et capable d'atteindre les 60 km/h à la force des mollets.
Cet informaticien avait été interpellé par un équipage de police municipale qui le suivait en voiture. Les policiers lui avaient reproché de rouler à plus de 10 km/h, vitesse maximale autorisée pour les deux roues au parc de la Tête-d'Or.

Amende de 35 euros
Le ton était monté et le cycliste avait écopé d'une convocation au tribunal de police. Il encourt une amende de 35 €.
Son avocat, Christophe Bruschi, a soulevé la nullité de la procédure pour des vices de forme et montré les incohérences du règlement intérieur du parc, qui ne fixe aucune limite de vitesse aux cycles de 3 ou 4 roues.
« Je circulais à 8 h 15 un vendredi matin sur une allée large de 15 mètres. Il n'y avait personne. J'étais à une allure raisonnable », se défend Pierre Delorme. Avec son défenseur, il a voulu dénoncer « le ridicule et la disproportion de la situation ». « Deux équipages de police municipale et un de la police nationale sont intervenus », raconte-t-il. Et de dénoncer le « double discours » de la municipalité lyonnaise, qui « milite pour les modes doux et sanctionne sans discernement ceux qui les pratiquent ».
Son engin blanc, qu'il a ramené de Hollande en pédalant sur 1 350 km en cinq jours, ne passe pas inaperçu dans les rues de Lyon. Et suscite toujours la curiosité des policiers. « Je me fais arrêter une fois par semaine. Cela me fait perdre du temps », dit-il. La décision du tribunal sera rendue le 31 mars.

Cycle

Les vélomobiles sans assistance électrique sont considérés comme des cycles par le code de la route. Ils peuvent donc rouler sur routes et emprunter les pistes cyclables. « Mais il faut qu'elles soient très larges », souligne un utilisateur.