Un cycliste de Lyon en procès pour excès de vitesse

CIRCULATION Un informaticien, qui circulait dans un vélomobile avait été contrôlé à une vitesse jugée excessive par la police dans un parc de Lyon…

Frédéric Crouzet
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Pierre Delorme est venu en vélomobile au tribunal de police de Lyon pour contester sa verbalisation pour excès de vitesse au parc de la Tête d'Or, à Lyon.
Pierre Delorme est venu en vélomobile au tribunal de police de Lyon pour contester sa verbalisation pour excès de vitesse au parc de la Tête d'Or, à Lyon. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

C’est une audience inédite qui s’est déroulée ce jeudi matin devant le tribunal de Police de Lyon. Pierre Delorme, un cycliste de 41 ans, comparaissait pour «vitesse excessive» après avoir été arrêté en mai 2010 au parc de la Tête-d’Or à Lyon. Mais cet informaticien circulait à bord d’un engin peu banal : un vélomobile, un vélo à trois roues caréné comme une voiture et capable d’atteindre les 60 km/h à la force des mollets. Il s'est d'ailleurs rendu au tribunal avec l'objet du délit.

Décision le 31 mars

 Il avait été arrêté par un équipage de police municipale qui lui reprochait de rouler à plus de 10 km/h, vitesse maximale autorisée pour les cyclistes. Le ton était monté et le cycliste avait écopé d’une convocation au tribunal de police. Il encourt une amende de 35 €. La décision a été mise en délibéré au 31 mars.

Son avocat Christophe Bruschi a soulevé la nullité de la procédure pour des vices de forme et montré les incohérences du règlement intérieur du parc, qui ne fixe aucune limite de vitesse aux cycles de 3 ou 4 roues.

«Je circulais à 8 h 15 un vendredi matin sur une allée large de 15 mètres. Il n’y avait personne. J’étais à une allure raisonnable», explique Pierre Delorme. Avec son défenseur, il a dénoncé le ridicule et la disproportion de la situation. «Deux équipages de police municipale et un de la police nationale sont intervenus», raconte t-il.

«Je me fais arrêter toutes les semaines»

Et de dénoncer le «double discours» de la municipalité lyonnaise, qui «milite pour les modes doux et sanctionne sans discernement ceux qui les pratiquent».

Son engin blanc, qu’il a ramené de Hollande en pédalant sur 1350 km en 5 jours, ne passe pas inaperçu dans les rues de Lyon et suscite toujours la curiosité des policiers. «Je me fais arrêter une fois par semaine. Cela me fait perdre du temps», dit-il.

Statut des ovnis de la route

Ce procès qui vient relancer le débat du statut de ces ovnis de la route, non polluant mais rapides, comme les Segway ou trottinettes à assistance électrique.

«Il y a peu de véhicules de ce genre mais c’est un casse-tête. Il n’y a pas de vraie réponse en matière de réglementation. Une chose est sûre, ils n’ont pas le droit de circuler sur les trottoirs, qui sont réservés aux piétons», avait expliqué la Ville de Lyon après l’arrestation du cycliste.

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