Le convoyeur Toni Musulin et sa «tirelire» secrète

SOCIETE Toni Musulin, révèle, dans un livre à paraître le 26 janvier, qu'il avait construit une cachette dans le box où a été retrouvée une grande partie du magot...

C.B.

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Toni Musulin avait volé 11,6 millions d'euros, dont 9,1 millions ont été retrouvés.
Toni Musulin avait volé 11,6 millions d'euros, dont 9,1 millions ont été retrouvés. — P. FAYOLLE / SIPA

Il avait tout calculé, mais pas encore tout dit. Dans un livre à paraître le 26 janvier*, Toni Musulin, condamné en appel à cinq ans de prison ferme et à 45.000 euros d’amende pour le vol à Lyon de 11,6 millions d’euros en novembre 2009, révèle qu’avant son casse, il avait minutieusement construit un faux mur au fond du box pour y glisser son magot. A la manière des braqueurs d’Inside Man, de Spike Lee.

«En remontant l’enquête, j’ai relevé dans une audition de voisinage qu’ une dame avait signalé des travaux faits dans le box en octobre, avant le vol», raconte Alice Géraud-Arfi, l'auteur du livre, à 20minutes.fr, confirmant une information du Parisien. Lors de mon entretien avec Toni Musulin en prison, je lui ai posé une question sur ce chantier. Il m’a d’abord fait un grand sourire sans répondre. Puis il m’a raconté l’histoire de cette tirelire de moins de 2 m3.»

Un pied de nez aux policiers

Une fois les billets dérobés, l’ex-convoyeur avait l’intention de les glisser petit à petit grâce à l’espace laissé entre ce double mur et le plafond du garage. «Il avait tout calculé pour qu’il n’y ait pas trop de changements dans le box, poursuit-elle. Il est assez fier de ce plan audacieux et risqué. Il estimait que si les policiers découvraient le box vide, ils ne fouilleraient pas deux fois le même endroit.» Un sacré pied de nez à la police qui n’a pas souhaité réagir à la révélation de cette cachette.

Sauf que le plan du convoyeur ne s’est pas déroulé comme prévu. «Il a déposé l’argent juste devant l’entrée de la tirelire, affirme être parti manger un sandwich et avoir volontairement brouiller les pistes en jetant des emballages de billets sur le périphérique pour faire croire qu’il était déjà parti.» De retour vers le box, il s’aperçoit alors que le quartier est déjà quadrillé par les policiers et décide de s’enfuir.

«Il aime bien tout maîtriser»

Alice Géraud-Arfi a rencontré en novembre dernier Toni Musulin à la prison de Corbas, dans le Rhône, où il est à l’isolement depuis sa reddition à Monaco, quelques jours après le casse.  Solitaire, peu enclin à la médiatisation de son histoire, il a toutefois accepté de parler à la journaliste de Libération. «Il m’a dit ce qu’il avait envie de me dire, souligne-t-elle. Il aime bien maîtriser les choses, c’est sa seule liberté après tout. Mais ce qui m’a surpris, c’est son discours très politique. On aurait pu penser que c’était sa stratégie de défense, mais il est vraiment réfractaire au système.»

Un film de fiction, inspiré du personnage Toni Musulin et du livre «Toni 11,6: Histoire du convoyeur», devrait être tourné dans l’année. Il sera réalisé par Philippe Godeau, mais le scenario n’est pas encore écrit.

 *Toni 11,6: Histoire du convoyeur, Stock, 216 p. 18 euros. A paraître le 26 janvier.