le guide du petit paumé critiqué par le tribunal

carole bianchi
— 

Le tribunal correctionnel de Lyon n'a pas digéré le palmarès du Petit Paumé. Le guide, réalisé par les étudiants de l'EM Lyon, a été condamné, hier, pour avoir diffamé le restaurant Carte Blanche (1er) en lui décernant le titre de « la plus grande chiasse d'après repas » dans son édition 2009-2010. Le Petit Paumé devra verser aux gérants de l'établissement 2 000 € d'amende, 3 000 € de dommages et intérêts et 1 500 € d'amende au titre des frais d'avocat. Il a également interdiction de rediffuser cet article et devra mentionner la condamnation sur son site. C'est la première fois que le guide, créé en 1968 et diffusé gratuitement à 300 000 exemplaires chaque année, est condamné au pénal.

Le Petit Paumé fait appel
« C'est une décision objective et mesurée, à la hauteur de ce qui a été écrit dans le guide », s'est félicité Gilles Dumont-Latour, avocat du restaurant. Selon lui, le vocabulaire choisi était « ordurier, injurieux et déplacé ». Mais la défense du Petit Paumé a décidé de faire appel du jugement. « Si des étudiants de 20 piges ne peuvent plus décerner la plus grande chiasse d'après repas, alors on va vivre dans une société bien triste », a réagi Nicolas Bes, l'avocat du guide.
Toutefois, le Petit Paumé a été relaxé dans une deuxième affaire de diffamation concernant la régie immobilière Saint-Louis (3e), qualifiée d'avoir mené une « arnaque aux locataires organisée » et de « raturer des baux ». Le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas de preuve de diffamation en retenant la bonne foi du guide. « Cela veut dire qu'il faut des propos épouvantablement outranciers pour une condamnation, a commenté Jean-Pierre Forestier, l'avocat de la régie, qui se réserve le droit de faire appel. Ce jugement est critiquable. »

fermé

Le restaurant Carte Blanche, fermé depuis plusieurs mois, a été vendu « à un prix inférieur à l'investissement de départ », selon les gérants. Lors de la sortie du guide 2010-2011, le nouveau rédacteur-en-chef du Petit Paumé avait annoncé la « création d'une charte éthique après les maladresses » de l'an passé. Et la rubrique litigieuse a été supprimée.