Lyon: le guide estudiantin le Petit Paumé condamné pour avoir diffamé un restaurateur

JUSTICE C'est une première depuis la création du guide en 1968...

C.B.

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Le tribunal correctionnel de Lyon n’a pas digéré le palmarès de «la plus grande chiasse d’après repas» du Petit Paumé. Le guide réalisé par les étudiants de l’EM Lyon a été condamné mardi pour avoir diffamé le restaurant Carte Blanche (1er), qui avait reçu ce titre. Il devra verser aux gérants de l'établissement 2.000 euros d’amende, 3.000 euros de dommages et intérêts et 1.500 euros d'amende au titre des frais d'avocat. C'est la première fois que le guide, créé en 1968 et diffusé gratuitement à 300.000 exemplaires chaque année, est condamné au pénal.

«C’est une décision très objective et mesurée. A la hauteur de ce qui a été écrit dans le guide», s’est félicité Gilles Dumont-Latour, avocat du restaurant. Selon lui, le vocabulaire choisi était «ordurier, injurieux et déplacé». Depuis, les restaurateurs affirment avoir vendu Carte Blanche «à un prix inférieur à l’investissement de départ».

Le Petit Paumé fait appel

Mais la défense du Petit Paumé, qui a interdiction de rediffuser cet article et qui devra faire mention de la condamnation sur son site internet, a décidé de faire appel du jugement. «Si des étudiants de 20 piges ne peuvent plus décerner la plus grande chiasse d’après repas, alors on va vivre dans une société bien triste», a réagi Nicolas Bes, l'avocat du guide.

Toutefois, le guide a été relaxé dans une deuxième affaire de diffamation concernant la régie immobilière Saint-Louis, qualifiée par le Petit Paumé d’avoir mené une «arnaque aux locataires organisée» et de «raturer des baux». Le tribunal a estimé qu’il n’y avait pas de preuve de diffamation en retenant la bonne foi du guide. «Chaque décision est unique, a commenté Jean-Pierre Forestier, l’avocat de la régie, qui se réserve le droit de faire appel. Mais s’il faut des propos épouvantablement outranciers pour entrer en condamnation. Ce jugement est très critiquable.»