aux petits soins pour les chiens des SDF

Audrey Henrion

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« Les chiens sont plus en forme que ceux que l'on voit à l'école », disent les étudiants.
« Les chiens sont plus en forme que ceux que l'on voit à l'école », disent les étudiants. — e.foudroot: 20 minutes

Une fois par mois, une poignée d'étudiants vétérinaires de Vétagro Sup (Marcy l'Etoile) se rendent au Train de Nuit ou au foyer des Carterets (7e), deux des trois centres d'hébergement lyonnais ouverts aux SDF possédant un animal. Jeudi dernier, c'était une première pour Kenza, 3 ans et son maître, Eli, au Train de Nuit depuis trois semaines. « Prendre soin de mon chien, c'est ma priorité quand je me lève le matin, dit ce trentenaire. C'est grâce à elle que je reste dans le circuit, je la fais toujours passer avant moi, y compris pour manger ».

Intarissables sur leur chien
Quatre futures vétérinaires (parmi 50 volontaires) encadrées par un titulaire ont prodigué ce jour-là des soins de convenance, vaccins, vermifuge, antiparasitaire, à trois chiens, vérifiant l'état des yeux, des oreilles, des pattes. « Les chiens de SDF sont très bien soignés en général, constate Angélique Soubré, étudiante en 3e année. Parfois ils boitent mais parce qu'ils marchent beaucoup ». « Ils sont en meilleure forme que certains chiens qu'on voit à l'école », enchérit Alice. « Intervenir sur les animaux en foyer d'hébergement c'est intéressant car cela nous permet d'avoir une approche clinique dès la première année explique Isabelle, 22 ans. A l'école, il faut attendre la 3e année. Pour nous cette rencontre est aussi intéressante sur le plan humain ». « Les SDF ont beaucoup de mal à parler d'eux, note Geneviève Bernardin, chargée de la mission Animalité au Grand-Lyon. Mais si vous les interrogez sur leur chien, ils sont intarissables. » Eli raconte que Kenza le « protège » et lui « apporte beaucoup d'affection ». « Je l'ai fait naître, mais j'ai hésité un an avant de l'adopter. Je croyais que ça serait difficile de lui trouver à manger, de m'occuper d'elle. En fait, c'est le contraire, elle me soutient, elle est ma famille. » Geneviève Bernardin en accord avec les étudiants et les professeurs aimerait « que, bientôt, des médecins puissent accompagner les vétérinaires, pour soigner aussi les propriétaires. »

Foyer

Ouverte depuis fin novembre, la Maison de Rodolphe (Lyon 8e), gérée par le Foyer Notre Dame des Sans-abri, est le premier centre d'hébergement conçu dès le départ pour accueillir 40 personnes sans domicile, dont 10 avec leur animal de compagnie. Selon Juliette Dewavrin, porte-parole du Foyer, « le chien peut rester avec son maître dans sa chambre la nuit et être gardé en chenil en journée, ce qui laisse aux gens la possibilité d'effectuer des démarches d'insertion. »