Lyon: les prostituées se mobilisent face aux agressions

SOCIETE Elles dénoncent la multiplications des violences, exacerbées par les arrêtés anti-prostitution...

Audrey Henrion

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«Les putains tapent du poing». C’est le cri de ralliement lancé vendredi par l’association Cabiria qui défend les prostituées lyonnaises à l’occasion de la 7e journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe.

Ces trois dernières semaines, l’association a recensé une dizaine d’agressions, dont certaines avec arme à feu ou arme blanche. «Il y a aussi les viols, les insultes, les jets de sacs poubelles, de canettes», précise Patience, médiatrice culturelle au sein de l’association.

Visage répressif de la police

«A Lyon, estime Florence Garcia la directrice de Cabiria, la situation est exacerbée par les arrêtés anti-prostitution». Selon elle, les riverains, les commerçants, les clients des prostituées se disent «parce qu’elles n’ont pas de statut social, elles sont bonnes à être agressées». «Les filles n’osent pas porter plainte pour trois raisons. Elles ont peur d’être expulsées parce qu’elles n’ont pas de papiers, elles ont un mari et des enfants et craignent que leur histoire ne soit étalée au grand jour, et enfin elles savent que la police ne prend pas souvent leur plainte au sérieux», souligne Florence Garcia.

L’association demande une subvention pour ouvrir un programme de prévention de la violence. «Ce serait l’occasion de nouer le dialogue avec les référents sociaux des commissariats de Lyon», dit Florence Garcia, pour qui les prostituées, confrontées au visage répressif de la police, peinent à croire qu’elles peuvent être écoutées et défendues par ses représentants. «Les seuls à peu près à l’écoute des prostituées, ce sont les policiers des mœurs», dit-elle.