Obésité infantile Un réseau forme les médecins à dépister les enfants en surpoids

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Pédiatre coordinatrice du Réseau ville-hôpital de prévention et de prise en charge de l’obésité en pédiatrie sur le Grand-Lyon (Répop GL). Vous allez présenter demain soir le Répop GL, lors des Ateliers de la citoyenneté*. Dans quel but a été créé ce réseau ? Le Répop est un réseau pilote qui a été mis en place en janvier 2005 dans le Grand Lyon afin de sensibiliser les médecins et les familles sur l’obésité infantile. L’obésité, ce n’est pas forcément lorsqu’on en est au stade d’Obélix. Il est très facile de rectifier le tir dès l’âge de deux ans, lorsque les premiers signes de la maladie apparaissent. Après, c’est plus compliqué et surtout plus long. Quelles actions avez-vous mis en place ? Nous formons les équipes de santé scolaire, les médecins traitants et ceux des PMI à dépister l’obésité infantile. Une prise en charge d’un enfant obèse dure environ trois ans. Si le médecin ne peut assurer ce suivi, le Répop est là pour prendre le relais. Combien d’enfants sont concernés dans le Grand Lyon ? Nous estimons que 40 000 enfants présentent un excès de poids dans l’agglomération. Parmi eux, 10 000 sont obèses. Et beaucoup viennent de familles démunies, qui ne sont pas assez informées sur la maladie. C’est pourquoi le réseau propose des consultations gratuites avec un diététicien et un psychologue. Est-ce un sujet délicat à aborder avec les parents ? Beaucoup de familles ne prennent pas cette maladie au sérieux et s’en tiennent à culpabiliser l’enfant en lui répétant « tu bouffes trop, tu ne bouges pas assez ! ». Il est donc nécessaire d’instaurer une relation de confiance et de faire comprendre aux parents que même s’il n’y a pas de risque vital à court terme, l’enfant pourra par la suite développer des maladies cardiovasculaires, avoir du cholestérol voire faire une dépression, à cause de son état. Quels conseils donnez-vous en priorité aux familles ? Un enfant doit consacrer autant de temps à des activités physiques qu’à des activités sédentaires. Le « chat » sur Internet a par exemple des effets dévastateurs sur les adolescents qui restent des soirées entières devant leur écran. Par ailleurs, il faut garder un rythme de quatre repas par jour et ne pas manger à n’importe quelle heure. Il n’y a aucun aliment tabou. On peut manger des frites et des hamburgers, mais de façon occasionnelle. L’obésité est-elle devenue un fléau urbain ? Absolument. Il n’y a qu’à voir dans les rues le nombre d’enfants en âge de marcher qui sont encore dans les poussettes. Les parents choisissent la facilité pour gagner du temps mais ils ne rendent pas service à leurs enfants. Parfois, il est d’ailleurs plus court de se rendre à l’école à pieds avec le Pédibus, par exemple, qu’en voiture. Recueillis par Carole Bianchi Répop GL : 04 72 56 09 55 *Demain dès 18 h à l’Elysée, 14, rue Basse-Combalot (7e).