A Lyon, public et privé opérent les yeux dans les yeux

SANTE Les HCL se dotent d'un laser pour la chirurgie oculaire exploité par des médecins libéraux...

Anne Dory

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Les praticiens privés louent le bloc opératoire du centre de chirurgie rétractive. Hôpital Edouard-Herriot, Lyon, 22 novembre 2010.
Les praticiens privés louent le bloc opératoire du centre de chirurgie rétractive. Hôpital Edouard-Herriot, Lyon, 22 novembre 2010. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

L'hôpital Edouard-Herriot (HEH) loue son matériel de pointe aux médecins privés. Depuis le mois dernier, le centre de chirurgie réfractive des HCL s'est équipé d'un laser dernier cri (Lasik) qui permet d'opérer les patients atteints de myopie, d'hypermétropie et d'astigmatisme.

Ce nouveau bloc opératoire, duquel les patients ressortent au bout de 20 minutes à peine, est utilisé à la fois par des chirurgiens des hôpitaux lyonnais, et par neufs praticiens libéraux. «Les Hospices civils de Lyon ont financé l'achat du laser, explique Carole Burillon responsable du centre, les médecins libéraux demandent les honoraires qu'ils veulent et effectuent ensuite un reversement pour chaque intervention aux HCL».

Un rendement plus important

En tout, 1.200 personnes devraient être opérées cette année, et, à terme, l'objectif est de doubler ce chiffre. Avec une opération facturée 1 200 euros par œil, cela promet d'alimenter les caisses des HCL mais aussi celles des médecins libéraux.

«Un laser de ce type demande un investissement de 600.000 euros, c'est très difficile à acquérir seul, témoigne Philippe Leynaud, praticien privé qui opère à HEH. Avant on effectuait ces opérations chez des prestataires de service avec des conditions moins avantageuses». Les neufs médecins qui louent le laser d'HEH espèrent opérer 800 personnes par an, soit plus que les chirurgiens du public.

«Opération de luxe»

Pour les patients, se faire opérer dans une structure publique ne changera cependant rien en terme de coût. Cet acte chirurgical, qui n'entre pas dans la nomenclature, n'est pas remboursé par la sécurité sociale (quelques mutuelles le prennent en charge). Une personne myope paie 2. 400 euros l'opération des deux yeux.

«C'est considéré comme une opération de luxe, mais ce n'en est pas une, assurait, lundi, Odile Da Costa juste avant son opération. Je porte des lunettes depuis l'âge de six ans, et rien que les verres, sans la monture, coûtent 500 euros et sont très peu remboursés». «Le but est de récupérer une vision de 10/10 et de ne pas avoir besoin de lunettes 95% du temps», précise Philippe Leynaud. La jeune patiente de 29 ans, très fortement myope, espère rentabiliser l'opération en n'ayant plus à financer de paires de lunettes.

TECHNOLOGIE
La technologie du Lasik permet de se passer complètement du bistouri et d'opérer 100 % au laser. Une première intervention consiste à découper la cornée, puis à la soulever pour traiter le défaut visuel avec un second laser. Le tout en quinze minutes.