le 21 octobre, jour controversé

Frédéric Crouzet
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Le 21 octobre dernier, place Bellecour. La police fouille les sacs et contrôle l'identité des personnes retenues toute la journée.
Le 21 octobre dernier, place Bellecour. La police fouille les sacs et contrôle l'identité des personnes retenues toute la journée. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

La « garde à vue géante et en plein air » du 21 octobre place Bellecour était-elle légale ? Une quarantaine d'associations, de syndicats et de partis de gauche, regroupés au sein du « collectif du 21-octobre » estime que la décision de boucler la place par les forces de l'ordre n'était pas justifiée. « Nous envisageons de mener des actions en justice pour faire la lumière sur ce qui s'est vraiment passé. Il y a eu violation des libertés », a indiqué hier Jean-Michel Drevon, porte-parole du collectif. Ce jeudi 21 octobre, une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites doit partir de la place en début d'après-midi. Mais dans la matinée, quelques casseurs s'en prennent à des voitures. CRS et gendarmes mobiles encerclent alors la place Bellecour et retiennent plusieurs centaines de personnes jusqu'en fin de journée, allant jusqu'à utiliser gaz lacrymogène et canons à eau.

Création d'un fichier ?
« Il y avait des lycéens, des étudiants, des syndicalistes, mais aussi des passants qui n'ont pas pu se rendre à leur travail. Pendant cinq heures, personne n'a pu entrer ni sortir », rappelle Jean-Luc Cipière, membre du collectif. Elles seront relâchées après un contrôle d'identité et avoir été photographiées. « Nous soupçonnons la création d'un fichier. Nous allons saisir la CNIL pour en connaître le fondement légal », précise Franck Heurtrey, représentant à Lyon du syndicat des avocats de France. La police avait justifié la mise en place de ce dispositif « exceptionnel » pour « isoler des casseurs ». Selon les associations, aucune des personnes contrôlées n'a été déférée devant la justice.

Témoignages

Le collectif organise un rassemblement demain à 14 h place Bellecour et un meeting mercredi à 19 h 15 à la Bourse du travail. Des personnes « retenues » et des magistrats viendront témoigner.