Remaniement: Michel Mercier un centriste fidèle ministre de la Justice?

PORTRAIT Peu connu du grand public, il est président du conseil général du Rhône depuis 1990...

A Lyon, F.C. et C.B.

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"J'ai eu une réponse positive de François Bayrou. J'attends que ça se fasse", a indiqué lundi le président du groupe centriste au Sénat, Michel Mercier.
"J'ai eu une réponse positive de François Bayrou. J'attends que ça se fasse", a indiqué lundi le président du groupe centriste au Sénat, Michel Mercier. — Philippe Merle AFP/Archives

Michel Mercier en rêvait. A 63 ans, ce prof de droit passe de l'Aménagement du territoire et de l'Espace rural au rang de Garde des Sceaux. Ancien compagnon de route de François Bayrou, il demeure un des rares ministres centristes du nouveau gouvernement. «L’intérêt pour les centristes n’est jamais aussi grand que lorsqu’ils sont divisés», a-t-il déclaré au Progrès avec une pointe d’humour.

Ce catholique pratiquant, réputé pour sa connaissance des dossiers et son travail sans sectarisme, se rapproche donc un peu plus encore de Nicolas Sarkozy. «C’est un matou matois», le décrivait en 2008 l’hebdo Tribune de Lyon en l’affublant du surnom de Raminagrobis, agile comme un chat à la manœuvre politique et capable de coups de griffe sous ses dessous ronronnant.

Une nomination déjà évoquée en 2009

Lors du remaniement de 2009, la nomination au ministère de la Justice avait déjà été évoquée. Sans succès. Mais il avait toutefois rejoint Paris et pris de la distance avec Lyon, où son influence était en recul.

Lors des municipales de 2008, de nouveaux adhérents du MoDem arrivés après le bon score de François Bayrou à la présidentielle veulent dépoussiérer le centre, militent pour une désignation des candidats par les militants et refusent de s’allier à l’UMP ou au PS.

«Un VRP de Sarkozy»

Ils vont au clash avec Mercier, président du conseil général du Rhône depuis 1990, qui lui veut un rapprochement avec Dominique Perben (UMP), son premier vice-président. Ses adversaires lui reprochent déjà de négocier un poste au gouvernement. Michel Mercier s’affiche peu, manœuvre beaucoup, barre la candidature de l’ancien ministre Azouz Begag. Résultat: le MoDem local explose en trois courants, obtient peu d’élus, et la gauche repasse à Lyon.

Michel Mercier hésiterait à garder son fauteuil départemental, même si jusqu'alors, il avait annoncé qu'il se représenterait en mars 2011 aux cantonales dans son fief de Thizy. «Il s'inscrit dans un gouvernement très conservateur, en abandonnant ses valeurs centristes», a regretté Louis Pelaez, conseiller général du Parti radical de gauche, le qualifiant de «VRP de Sarkozy».

Une enquête préliminaire vise l'attribution d'un marché du département

Depuis 2009, l'attribution de la concession du tram Rhône Express, reliant Lyon à l'aéroport Saint-Exupéry, par le conseil général du Rhône à Vinci, fait l'objet d'une enquête préliminaire pour «favoritisme». Les investigations conduites sous contrôle du parquet financier de Lyon n'ont pas donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire, mais les suites de la procédure restent en instance de décision. Michel Mercier, qui a désormais autorité sur le parquet de Lyon, n'a cependant jamais été entendu par les enquêteurs, souligne le mensuel Lyon Capitale qui avait révélé l'affaire il y a quelques mois.