Lyon à bons comptes

Frédéric Crouzet et Carole Bianchi

— 

Les finances de la ville de Lyon sont au beau fixe. Après la cure d'austérité et la hausse des impôts locaux de 2009, les élus étudient cet après-midi en conseil municipal un projet de budget 2011 qui fait la part belle aux investissements. Environ 110 millions d'euros seront affectés l'an prochain pour la construction d'une halle d'athlétisme à la Duchère, l'aménagement de la place Bellecour, le réaménagement du parc Sergent-Blandan… Alors qu'en 2010, les investissements n'avaient pas dépassé 80 millions d'euros.

Rendre l'argent des hausses d'impôt
Depuis, la conjoncture s'est améliorée et les recettes municipales ont progressé. Les droits de mutation, qui proviennent des transactions immobilières, vont ainsi rapporter 7 millions d'euros supplémentaires à la ville, qui voit ses frais financiers diminuer de 3 millions d'euros. Et la dette est passée de 434 à 410 millions d'euros. « Lyon présentera en 2010 un niveau d'épargne en nette amélioration, qui lui permettra d'afficher une capacité de désendettement exceptionnellement bonne », indique l'agence de notation Standard & Poor's, qui a relevé la note de la ville de Lyon. « C'est le fruit d'une gestion serrée », se réjouit le maire PS Gérard Collomb, qui déplore cependant le gel des dotations de l'Etat. Dans ce contexte, l'opposition se montre une nouvelle fois critique sur la pertinence de la hausse des impôts locaux de 4 %, décidée en 2008, et qui devrait rapporter 15 millions d'euros en 2011. « Gérard Collomb va-t-il décider de baisser les impôts et de rendre l'argent injustement pris aux Lyonnais ? », s'interroge Michel Havard (UMP), président du groupe Ensemble pour Lyon.

Dans un rapport rendu début novembre, la chambre régionale des comptes met en garde la municipalité lyonnaise sur la hausse de ses dépenses de fonctionnement. Et signale des « irrégularités en matière de gestion du personnel ».