« Une détention à l'isolement, c'est l'exception »

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De la maison d'arrêt de Corbas, Toni Musulin ne connaît que l'isolement. Et ce « traitement à part », dénoncé par ses avocats, ne devrait pas évoluer, à moins qu'il ne change de prison. « Faire sa peine entière à l'isolement, cela reste une exception, concède Emmanuel Chambaud, délégué Ufap/Unsa et surveillant à Corbas. Mais c'est pour sa sécurité. Son butin manquant peut attiser les convoitises. » Généralement, les personnalités publiques et médiatiques, les plus faibles ou les évadés sont placés à l'isolement. D'autres détenus en font la demande pour leur tranquillité. « Ce régime est très dur, explique Vincent Feroldi, aumônier catholique de la maison d'arrêt de Corbas. Même les plus costauds craquent. D'autant que dans cette nouvelle prison, le mitard se situe au-dessus de l'isolement, ce qui perturbe la quiétude des détenus. »

Renforcement des règles de sécurité
Selon lui, les détenus ne se croisent pas et n'ont que deux sorties possibles par jour, « la cour de promenade, dont le tour se fait en 45 secondes en courant, et une activité, le vélo ou à la bibliothèque ». Depuis trois semaines, date à laquelle un détenu à l'isolement a blessé un surveillant à la gorge à l'aide d'une lame de rasoir, le climat s'est dégradé. Le renforcement des procédures ralentit les déplacements. « Nous prenons le temps d'appliquer les règles de sécurité », justifie Emmanuel Chambaud. D'où l'importance, selon Vincent Feroldi d'équiper l'isolement de matériel de sport. Ce devrait être chose faite pour le 1er décembre.