Fin de sursis pour le bidonville Paul-Bert

anne Dory

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Onze ménages du bidonville ont été relogés, les autres ne savent pas où aller.
Onze ménages du bidonville ont été relogés, les autres ne savent pas où aller. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

Les Roms du bidonville Paul-Bert (3e) cherchaient à quitter les lieux à la hâte, hier après-midi. « La police est venue et nous a dit qu'on devait être partis mercredi à 7 h du matin », explique un des occupants du camp, un gros sac en toile sur le dos. Les associations qui travaillent avec les Roms confirmaient, hier, la possibilité que l'expulsion ait lieu ce matin. Le délai accordé par la justice est arrivé à expiration en début de semaine dernière, et l'usage du terrain vague doit désormais revenir au conseil général, propriétaire des lieux, qui souhaite y construire un bâtiment d'archives.

« On dormira dans les parcs »
Le bidonville s'est peu à peu vidé de ses 150 occupants depuis quinze jours, mais une partie d'entre eux est revenue après l'évacuation d'un squatt rue Fiol (3e), samedi. Onze ménages de la rue Paul-Bert ont obtenu des solutions de relogement, les autres vont devoir trouver de nouveaux abris de fortune « On ne va pas dormir là cette nuit, explique une femme qui s'apprête à quitter le terrain avec ses quatre enfants, on va voir à Perrache et sinon on dormira dans les parcs ». Tous ont peur de croiser la police ce matin et de devoir repartir en Roumanie. « Si on reste, ils vont nous emmener à l'aéroport », redoute un autre Rom qui s'est mis à la recherche d'une maison désaffectée où passer une partie de l'hiver.