« Sans gazole, pas de travail, et sans travail, c'est la rue »

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Une station-service Avia, cours Albert-Thomas à Lyon, le 18 octobre.
Une station-service Avia, cours Albert-Thomas à Lyon, le 18 octobre. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

Sébastien voulait profiter de son après-midi de libre, hier, pour faire un plein « rapidement ». Après avoir parcouru cinq stations en l'espace de trente minutes, cet automobiliste de 33 ans a réussi à trouver in extremis du gazole Excellium, à 1,29 € du litre chez Total, cours Albert-Thomas (3e). A 16 h, plus aucune goutte de diesel classique ne sortait de la station devant laquelle une dizaine de voitures faisaient la queue. « Plusieurs pompes du centre-ville sont complètement fermées, expliquait le jeune homme. Je suis presque à sec. Je voulais anticiper pour le week-end prochain. »

Jerricans dans le coffre
Karim, taxi lyonnais depuis 25 ans, a cherché du gazole toute la matinée. « C'est la sixième station, soupirait-il. J'ai fait un plein la semaine dernière, mais je n'ai pas voulu exagérer, car le gouvernement disait qu'il n'y aurait pas pénurie. ça ne peut plus durer cette langue de bois ! Sans gazole, pas de travail, et sans travail, c'est la rue. » Devant lui, Oussama, remplissait « par sécurité » deux jerricans de gazole dans son coffre. « Je fais 1 000 à 1 500 km par semaine. Je ne peux pas me permettre de ne plus rouler », explique ce salarié. A côté de cette station qui ne désemplissait pas, celle d'Avia était quasi déserte. Seul du sans-plomb 95 était disponible. De quoi excéder Karen, chef d'entreprise. « Moi, ce qui m'importe, c'est de gagner ma vie convenablement et de pouvoir payer mes salariés. La grève, je n'en ai rien à faire. »C. B.