Le centre de Lyon paralysé par les manifestations intempestives de lycéens, le maire appelle au calme

SOCIAL A 15h30 ce vendredi, la police a procédé à 28 interpellations pour dégradations et outrages...

A Lyon, C.B.

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Affrontements entre lycéens et forces de l'ordre à Lyon le 15 octobre 2010.
Affrontements entre lycéens et forces de l'ordre à Lyon le 15 octobre 2010. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

Les trois stations principales de métro dans le centre-ville de Lyon ont dû être bouclées une partie de la matinée. Le réseau de bus et de tramways est toujours très désorganisé.

Depuis 8h ce vendredi matin, des groupes de lycéens, suivis de casseurs, manifestent contre la réforme des retraites dans les rues de la ville dans une grande confusion. Si les forces de l’ordre tentent de les canaliser, de nombreuses dégradations et des jets de pierre sur les équipes mobiles ont conduit à l’interpellation de 28 individus en l’espace de quelques heures.

Un millier de jeunes désorganisés

Poubelles arrachées et incendiées, fenêtres de voiture brisées, abris bus dégradés…Ainsi, dans l'étroite rue Sainte-Hélène (2e), une série de voitures garées ont été vandalisées. La propriétaire de l'un des véhicules a violemment réagi face au jeune interpellé. «Moi je me lève tous les matins pour aller travailler, et toi? Vous ne penser qu'à casser», lui a-t-elle lancé. Place Bellecour, un tas important de journaux et une pancarte ont été incendiés. Des bris de glace et des journaux déchirés parsemaient plusieurs rues de la Presqu'île, où les gens font d'ordinaire leur shopping. Certaines vitrines avaient leur rideau à moitié baissé, par crainte de nouveaux incidents. Les forces de l'ordre ont utilisé à plusieurs reprises leur gaz lacrymogène pour disperser les jeunes.

Ces nombreux débordements ont poussé le maire de la ville de Lyon, Gérard Collomb (PS) à lancer un appel au calme. «Nous ne pouvons admettre que des groupes organisés profitent de ces manifestations pour porter atteinte aux biens et aux personnes, indique-t-il dans un communiqué. Ces actes sont inacceptables et j’en appelle à la responsabilité de chacun pour un retour rapide à l’ordre et à la tranquillité publique.»

Quelques blessés légers

«Il s'agit pour la plupart de casseurs venus en découdre avec les forces de l'ordre, souligne la préfecture. On déplore un blessé léger parmi les manifestants, ainsi que trois personnes incommodées prises en charge par les sapeurs-pompiers. Deux policiers ont également été blessés.»

>> A suivre en direct, la mobilisation contre la réforme des retraites.

Au total, environ un millier de jeunes répartis en différents cortèges ont manifesté avant de converger en fin de matinée vers le centre-ville. Jeudi, les lycéens avaient déjà manifesté en ordre dispersé. Et 22 personnes avaient été arrêtées en marge du défilé pour des dégradations et outrage à agent. «Parmi elles, douze sont connues des services de police pour des actes de délinquance», note la préfecture.