Grève à la SNCF: système D pour les voyageurs privés de TER

SOCIAL Le mouvement social contre la réforme des retraites perturbe fortement le trafic SNCF...

A Lyon, C.B.

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Derrière les moyennes de trafic annoncées par la SNCF depuis mardi, se cachent de grosses disparités. Sur la ligne Lyon-Chambéry aucun train ne circule de la journée, pour des raisons d'organisation. Les voyageurs font donc comme ils peuvent, avec le système de covoiturage notamment.

Après avoir pris deux jours de congés forcés, Dominique Peronnet, enseignant à l'université de Chambéry, va reprendre sa voiture ce matin.

«Je passe à la gare pour voir s'il y a des gens à emmener»

«Nous sommes un groupe de quinze personnes à bien se connaître dans le train. Alors, pour la grève, je passe en voiture avant 7h à la gare de Bourgoin pour voir s'il y a des gens à emmener», explique-t-il. Pour rejoindre Chambéry, il faut alors entre trois quarts d'heure et une heure de voiture.

Certains ont préféré jouer la sécurité. «Je connais une personne qui travaille à l'hôpital et qui a choisi de réserver une chambre d'hôtel à ses frais le temps de la grève, souligne l'enseignant. On a vraiment le sentiment d'être laissés à l'abandon.»

«La nervosité commence à se faire sentir»

Philippe Fontanez, développeur informatique à Lyon, a la chance d'avoir «un employeur compréhensif» et travaille depuis chez lui, à Pont-de-Beauvoisin. «Je suis plus productif ici qu'en passant plus de deux heures dans les transports à ne pas savoir quand le train va arriver», note-t-il. Notre ligne passe vraiment en dernier, mais il faut que ça change ! ».

Selon Patrice Belvègue, président de l'Association dauphinoise des usagers du train, «la nervosité commence à se faire sentir au bout de trois jours de grève.» Et ce n'est pas fini. Les cheminots ont reconduit jeudi le mouvement pour 24 h.