Lyon: le restaurant prend le relais des cantines en grève

SOCIAL Alors que les agents de la ville sont en grève pour dénoncer la surcharge de travail, certains parents s'entraident...

Carole Bianchi

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Le 112 a adapté ses menus pour les enfants d'Anatole-France où la cantine est en grève. Le 14 octobre 2010.
Le 112 a adapté ses menus pour les enfants d'Anatole-France où la cantine est en grève. Le 14 octobre 2010. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

Il y avait spaghettis bolognaise, gaufres au chocolat et dessins animés au menu jeudi midi pour douze enfants de l'école primaire Anatole-France (3e). Depuis mardi, le 112, brasserie du cours Docteur-Long mijote des petits repas complets à 8 euros pour une dizaine d'écoliers privés de cantine.

Après la journée de grève contre la réforme des retraites, les agents municipaux de la ville de Lyon ont débrayé pour demander à ce que les enfants soient accueillis dans de meilleures conditions, face à la saturation des restaurants scolaires. Et dénoncer la pénibilité de leur travail.

Dans un esprit de solidarité

Pour Eric Gomez, patron du 112 et parent d'élève FCPE de l'école, «ce système a été organisé dans un esprit de solidarité. Entre parents, on se rend service les uns les autres. Et puis on s'adapte aux goûts des enfants.» A tour de rôle, trois parents encadrent, sur le temps de leur pause déjeuner, les enfants dans une salle au fond du restaurant. Dans la rue, ils sont systématiquement équipés d'un gilet fluorescent.

«Ca dépanne beaucoup de parents, assure Estelle, une maman. D'autant que le mouvement dure. Nous savions qu'il y avait un problème, mais pas à ce point. Chaque jour, la cantine est en surcharge de huit à douze enfants.» Les écoliers en témoignent. «Les dames de service crient tout le temps. Il y a beaucoup de monde», explique la jeune Adèle. Alors forcément, au restaurant, l'ambiance est «trop cool». Même l'eau est servie dans des verres à pied, «comme les grands». Le système est bien rodé désormais. «L'idée est bonne. Et les parents semblent satisfaits, car les enfants reviennent !».

EMBAUCHES

La ville de Lyon a annoncé jeudi que des locaux pouvaient être mis à la disposition des associations de parents d'élèves dans les écoles pour faire manger les enfants durant la grève. Une procédure accélérée pour des conventions d'occupation vient d'être mise en place (Rens: 04 29 99 67 00). Une centaine d'agents de la ville ont manifestéjeudi devant la mairie pour réclamer des revalorisations salariales, une pause quotidienne de 45 minutes et des embauches. Yves Fournel, adjoint à la Petite enfance, a indiqué que la municipalité «restait ouverte au dialogue» et qu'il souhaitait recruter des vacataires (20 équivalents temps plein) avec des contrats de saisonnier moins précaires. «Insuffisant», selon les agents, qui reconduisent leur mouvement vendredi.