L'un des pionniers de la viticulture biologique est mort

DECES Marcel Lapierre, vigneron dans le Beaujolais, s'était lancé dans la biodynamie en 1981...

A Lyon, C.B. avec AFP

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La nouvelle s’est répandue plus vite aux Etats-Unis qu’en France. Marcel Lapierre, viticulteur du beaujolais pionnier dans la biodynamie et le vin bio, est mort à 60 ans, des suites d'une longue maladie dans la nuit de dimanche à lundi, à Villié-Morgon, dans son domaine.

«C’était un vigneron mythique avec de vraies convictions, témoigne Daniel Bulliat, président de l’appellation beaujolais-villages à 20minutes.fr. Il a su mettre en avant sa région à Paris et dans le monder entier.  Il avait les deux facultés, de savoir produire et vendre.»

Un minimum de soufre et pas de désherbants

Marcel Lapierre avait décidé en 1973 de reprendre l'exploitation de ses parents à Villié-Morgon. Sous l'impulsion du chercheur Jules Chauvet, père des vins naturels, il s'était lancé en 1981 dans la biodynamie. Il cultive la vigne sans engrais ni désherbants et vinifie avec un minimum de soufre et sans ajout de levures.

Marcel Lapierre «a beaucoup œuvré pour la promotion et la notoriété mondiale du beaujolais», relève l’Interbeaujolais, organisme de promotion du vignoble. Notamment au Japon et aux Etats-Unis, où Eric Asimov, du New York Times, explique dès lundi comment il a su «convaincre le monde entier que le Beaujolais pouvait offrir bien plus que les vins insipides vendus en masse.» 

Un «véritable militant»

«C'était un vigneron qui avait toute sa place sur les plus grandes tables, en France et à l'étranger», souligne Gille Paris, le président des Crus du Beaujolais. Son fils Mathieu, co-gérant du domaine «Marcel Lapierre», continuera à perpétuer les valeurs de l'entreprise familiale et de son père qu’il considérait comme un «véritable militant» sachant transmettre son savoir-faire et son goût du terroir au grand public.