Le mic-mac des cantines lyonnaises

ENFANCE Face à la saturation dans les cantines scolaires, les syndicats lancent un appel à la grève dès jeudi. Et les politiques s'emparent du sujet...

A Lyon, C.B. et F.C.

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La mairie de Digoin (Saône-et-Loire) a indiqué samedi qu'elle levait l'interdiction d'accès à la cantine à deux enfants de 5 et 3 ans, qui étaient sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière, la situation de leur mère étant en cours de régularisation.
La mairie de Digoin (Saône-et-Loire) a indiqué samedi qu'elle levait l'interdiction d'accès à la cantine à deux enfants de 5 et 3 ans, qui étaient sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière, la situation de leur mère étant en cours de régularisation. — Mychele Daniau AFP/archives

A la ville de Lyon, les syndicats dénoncent à leur tour les problèmes d’inscription dans les cantines. A l’appel de la CGT et de l’intersyndicale Unsa, CFTC et Sud, les agents des 120 restaurants scolaires seront en grève du 14 au 19 octobre pour réclamer un «accueil de qualité pour tous les enfants». Sans oublier la grève de mardi, pour les retraites.

Depuis la rentrée, une vingtaine d’écoles sont saturées. Entre 300 et 400 enfants ne peuvent pas manger à la cantines chaque jour de la semaine en raison des nouvelles règles d’accès, votées le 17 mai dernier en conseil municipal.

Un règlement dénoncé

«Ce règlement porte atteinte au principe d’égalité des usagers devant le service public, dénoncent dans un tract commun l’Unsa, la CFTC et Sud. Tous les parents qui le souhaitent doivent pouvoir faire manger leurs enfants dans les cantines scolaires, c’est à la ville de Lyon de s’en donner les moyens.»

La CGT dénonce ces problèmes de capacité et de locaux, mais également le «manque d’encadrement». «Alors qu’il faut un agent pour 12 enfant en maternelle et un pour 24 en primaire, il n’y a parfois qu’un adulte pour 70 élèves», souligne Richard Delauzun, délégué CGT Ville de Lyon. Selon le syndicat, la mairie peine à recruter des vacataires pour assurer le service de 11h30 à 13h30. «Nous demandons qu’ils disposent d’un contrat de saisonnier, moins précaire, avec un vrai planning. Aujourd’hui, les vacataires sont prévenus de leur affectation le jour pour le lendemain», déplore la CGT.

Pour l’opposition, la ville fait la sourde oreille

Les parents qui avaient alerté dès l'an passé sur ce sujet, sont décidés à faire entendre leur voix. Comme à l’école Meynis (3e) où ceux qui travaillent refusent de prendre des RTT pour accueillir à tour de rôle les écoliers le midi. «Nous avons connaissance le matin même, à 10h, du nombre d'inscrits, témoigne Arnaud Carval, parent d'élève. On ne peut pas s'organiser. Concrètement, certains enfants se partagent une entrée ou un dessert. Nous payons des repas pleins alors qu'ils mangent à moitié.» Pourtant, les parents ont «plein de solutions techniques, comme installer des préfabriqués dans les écoles ou ouvrir des centres de loisirs disponibles les jours d'école.«Rien n'a avancé. On est dans le discours politique», poursuit ce papa.

Le maire de Lyon, Gérard Collomb (PS) est critiqué par l’opposition qui s’est emparée du sujet. Les élus du MoDem suggèrent de faire déjeuner les enfants dans les restaurants voisins des écoles. L’UMP met en avant la proposition de parents d'élève qui ont demandé à ce que des salles soient disponibles dans les écoles pour des repas tirés du sac. «Les gens qui travaillent ne sont pas la priorité de Gérard Collomb», estime Michel Havard, chef du groupe d'opposition UMP à la mairie. La ville semble chercher des solutions à reculons».

Pourtant, le nombre d’inscrits à la cantine est loin de fléchir. Ils sont aujourd’hui 19.300 contre 16.300 en 2007. Et la ville s'attend à dépasser les 20.000 inscrits en 2012.