Prison ferme requise contreun marchand de sommeil

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Les locataires vivaient rue de la Ruche.
Les locataires vivaient rue de la Ruche. — E. foudrot / 20 minutes

Les locataires payaient chaque mois 300 € pour un studio avec cafards, sans eau chaude et régulièrement privé de chauffage. Hier, la gérante de la société immobilière Stratinvest et son frère, chargé de la maintenance des appartements, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir « soumis plusieurs personnes à des conditions d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine ». Deux ans de prison dont un an ferme et 30 000 € d'amende ont été requis à l'encontre du jeune homme qui « encaissait les loyers en liquide ». Deux ans avec sursis ainsi que 15 000 € d'amende ont été réclamés pour la gérante. « C'est ce qu'on appelle des marchands de sommeil », a relevé le vice-procureur Gilles Proisy-Lecocq.
Entre 2006 et 2009, quinze locataires « vulnérables et dépendants » vivaient au 2, rue de la Ruche (3e) « dans des conditions déplorables », a relevé le tribunal. Photos à l'appui, le président a interpellé la gérante : « Les toilettes, c'est Byzance, non ? Vous auriez mis vos parents là-dedans ? ». Pas de réponse. Pourtant, Stratinvest a été mise en demeure à plusieurs reprises par les services d'hygiène pour réaliser des travaux. « Les locataires étaient compliqués et difficiles à loger », a défendu Frédéric Lalliard, l'avocat des mis en cause. Le jugement a été mis en délibéré au 14 octobre.Carole bianchi