Gros coup de déprime dans les bus des TCL

TRANSPORTS L'Inspection du travail sermonne la direction de Keolis sur le malaise des conducteurs...

A Lyon, Frédéric Crouzet

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L'absentéisme serait en hausse chez les conducteurs et des bus ne circulent pas.
L'absentéisme serait en hausse chez les conducteurs et des bus ne circulent pas. — E. FOUDROT / 20 MINUTES

Les conducteurs de bus des TCL ont le moral en berne. Absentéisme en hausse, baisse de revenus, chute de motivation viennent d'être pointés du doigt par un rapport des experts du cabinet d'audit Secafi, commandé par le Comité d'hygiène et de sécurité de Keolis.

Et dans un courrier en date du 13 septembre, dont 20 Minutes a eu copie, l'Inspection de travail sermonne sévèrement la direction des TCL sur la dégradation des conditions de travail du personnel depuis le début de l'année. L'inspecteur met en garde la direction sur les «risques d'explosion sociale», le «risque financier et d'image». Et insiste sur «l'urgence à prendre les mesures concrètes nécessaires» pour améliorer «la sécurité des salariés» et «la qualité du service».

Peu de remplaçants

Depuis le 4 janvier, les salariés des TCL ont adopté de nouveaux rythmes de travail dans le cadre du projet de réorganisation Edifis, qui avait entraîné d'importantes grèves en octobre 2009. Elle s'est traduite par une perte de souplesse pour les conducteurs dans le choix de leurs périodes de repos et de travail. Et ils ont vu leur temps de conduite augmenter. «Pour souffler, des collègues se mettent en grève. Certains jours, il n'y a que la moitié des effectifs présents dans les dépôts. Et des bus ne sortent pas», confirme un conducteur. Les chefs de ligne s'arrachent les cheveux pour trouver des remplaçants.

Les experts de la Secafi observent «une raréfaction préoccupante des volontaires» pour effectuer ces remplacements. «Le travail supplémentaire n'étant plus rémunéré, plus personne ne veut faire d'heure sup'. Et les salaires baissent», explique Yves Gélibert, délégué CGT-TCL, qui souligne que toutes les catégories de personnel sont affectées par cette réorganisation. «En voyant diminuer brutalement leur rémunération en fin de mois, les conducteurs ont vécu ce recul comme une négation de la pénibilité de leur travail», ajoutent les experts. «On sait que la réorganisation liée à Edifis, qui était nécessaire, a laissé des traces. Mais on ne fait pas la sourde oreille à ces problèmes», a réagi hier la direction de Keolis Lyon. La commission «Mieux être au travail», mise en place au printemps autour de l'ancien ministre Jean Auroux, «est en train de préparer un plan d'action».

Pression

L'inspection du travail s'est également émue des courriers adressés par les cadres des TCL aux salariés en arrêt maladie, leur rappelant les « difficultés d'organisation » de leur service. Une « forme de pression » selon l'Inspection.