la police filait l'équipe de braqueurs du bureau de change

carole bianchi

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Les braqueurs avaient volé 300 g d'or.
Les braqueurs avaient volé 300 g d'or. — Corres / AFP

Les braqueurs du bureau de change à Lyon ont tous un casier judiciaire déjà bien chargé. A 27 ans, le principal suspect mis en examen hier après avoir avoué les faits a déjà été condamné à quinze reprises. Ce père de trois enfants en bas âge, arrêté samedi à son domicile, à Rillieux-la-Pape, était en liberté conditionnelle. Chauffeur de l'équipe, c'est lui qui avait meulé la veille la porte du bureau de change à l'aide d'une disqueuse thermique. Un deuxième suspect, âgé de 21 ans, a été mis en examen hier pour complicité car il n'était pas sur les lieux du braquage. Parmi les quatre autres malfaiteurs, trois ont déjà été identifiés. « Leur interpellation n'est qu'une question de temps, a indiqué Marc Désert. Et le dernier suspect est en cours d'identification. » Mais le butin, composé de 300 g d'or et de plus de 100 000 € de devises étrangères, n'a pour le moment pas été retrouvé. Aucun lien n'a pu être fait avec d'autres braquages de bijouteries commis ces derniers mois dans l'agglomération.

« Ils se donnent en spectacle »
Repérés pour des vols de voitures en Haute-Savoie ou encore en Suisse, les braqueurs étaient sous surveillance de la police. « Cela pose un problème de sécurité, déplore David Metaxas, l'avocat du principal suspect mis en cause. Les policiers avaient les moyens de les interpeller avant le vol à main armée. » Dans leur fuite, les individus avaient tiré sur un automobiliste, le blessant au mollet. « On n'attendait pas le flagrant délit, se défend Claude Catto, le patron de la police judiciaire de Lyon. Et si nous les avions interpellés lors du braquage, rue de la République, c'était la fusillade assurée ». Il s'est inquiété du « sentiment de toute puissance » qui habite les braqueurs sur le terrain. « Ils sont dans un monde virtuel, note Claude Catto. Ils auraient pu ne pas tirer, mais ils préfèrent montrer que leurs armes sont chargées. Ils veulent se donner en spectacle ».