Les salariées de Lejaby se préparent pour une cinquième nuit de siège

SOCIAL Elles protestent contre le plan social en cours chez le fabricant de lingerie...

C.B. avec AFP

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Des salariées du fabricant de lingerie Lejaby occupent le siège de l'entreprise,  le 19 septembre 2010 à Rillieux-La-Pape pour protester contre un plan social en  cours. Les employés, qui devraient continuer l'occupation jusqu'au 20 septembre,  s'opposent à la suppression de 197 postes sur 653 et à la fermeture de trois  sites de production en France, dont son berceau historique de  Bellegarde-sur-Valserine, pour produire à moindre coût à l'étranger.
Des salariées du fabricant de lingerie Lejaby occupent le siège de l'entreprise, le 19 septembre 2010 à Rillieux-La-Pape pour protester contre un plan social en cours. Les employés, qui devraient continuer l'occupation jusqu'au 20 septembre, s'opposent à la suppression de 197 postes sur 653 et à la fermeture de trois sites de production en France, dont son berceau historique de Bellegarde-sur-Valserine, pour produire à moindre coût à l'étranger. — P. DESMAZES / AFP

Les couturières de Lejaby sont déterminées à se battre jusqu’au bout. Une trentaine salariées du fabricant de lingerie s’apprêtent à camper une cinquième nuit ce lundi soir devant leur siège social à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, pour dénoncer le plan social en cours.

En grève depuis jeudi dernier, elles s'opposent à la fermeture mi-novembre de trois sites rhônalpins de Lejaby, dont son berceau de Bellegarde-sur-Valserine, dans l’Ain. Au total, 197 postes sur 653 sont menacés pour une délocalisation à l'étranger.

Camions bloqués

Sur les plates-bandes du siège, à Rillieux-la-Pape, le campement s’organise. Certaines dorment dans des tentes. D’autres dans les couloirs du siège. Un slip taille XXL couleur prune avec un «Lejaby» écrit en lettres blanches a été suspendu avec humour, sous une bannière CGT. Ce lundi, les grévistes ont été jusqu’à bloquer des camions venus charger ou livrer les produits.

«On essaye d'assurer un roulement et on s'organise comme on peut. Chacune apporte un peu de tout chaque jour, du café, des bouteilles d'eau. Des salariées du siège proposent même leurs salles de bain. On est très soudées», souligne Janine Caillot, déléguée CGT.

Une nouvelle réunion dans les 48h

Les négociations, bloquées depuis vendredi, portent principalement sur l'indemnité de licenciement, pour laquelle les syndicats réclament 70.000 euros contre 10.000 proposés. Une prochaine réunion entre direction et syndicats est cependant prévue «dans les prochaines 48 heures». Dans un courrier adressé au préfet de région Jacques Gérault, le président de Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne (PS), a demandé à «étudier sereinement les différentes hypothèses pour un maintien des sites Lejaby». «La région ne peut accepter la disparition au fil de l’eau, de fleurons de l’industrie française», a-t-il précisé.

«On a toujours fait de la confection et j'aime ce travail. Pour l'instant, nous n'avons pas reçu notre lettre de licenciement. C'est une attente insupportable, mais aussi une raison de se battre jusqu'au bout», déclare Edmée Garcin, 56 ans.