L'ex-convoyeur de fonds Toni Musulin est jugé en appel mardi à Lyon

JUSTICE Ce deuxième procès permettra-t-il de savoir où sont les 2,5 millions d'euros manquants sur les 11,6 millions dérobés?...

A Lyon, Carole Bianchi

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Toni Musulin lors de son procès à Lyon le 11 mai 2010.
Toni Musulin lors de son procès à Lyon le 11 mai 2010. — AFP/BENOIT PEYRUCQ

Les avocats de Toni Musulin n’avaient pas grillé toutes leurs cartouches. Condamné par le tribunal correctionnel de Lyon le 12 mai à trois ans d’emprisonnement pour avoir subtilisé 11,6 millions d’euros dans son fourgon en novembre 2009 et pour «tentative d’escroquerie» à l’assurance, l’ex-convoyeur de fonds doit être jugé en appel mardi.

Avec un témoin de taille: le propriétaire du box dans lequel ont été retrouvés 9,1 millions d’euros. Pour des raisons juridiques, la cour d’appel sera obligée d’entendre cet homme car il n’avait pas été cité en première instance.

Le «témoin numéro un»

Depuis le début, l’ancien salarié de chez Loomis nie avoir emporté pendant sa cavale les 2,5 millions d’euros manquants. Lors de son procès en première instance, il avait même sous entendu que le propriétaire du box «avait pu se servir au passage». Mais après de savants calculs, le tribunal avait tenté de faire tomber l’argumentaire de la défense.

C’était sans compter sur la perspicacité de avocats du condamné. «Nous n’accusons personne. Mais nous sommes obligés de faire citer ce témoin numéro un car la confrontation avec Toni Musulin n’a jamais eu lieu. Et pour cause, une reconstitution des faits nous a toujours été refusée», déplore l’un d’eux, Hervé Banbanaste.

Toni Musulin méfiant

Selon Christophe Cottet-Brettonnier, son autre défenseur, Toni Musulin aborde ce nouveau procès avec «méfiance.» Il est détenu à l’isolement à la prison de Corbas depuis maintenant dix mois et supporte difficilement « cet acharnement » sur son cas. Lorsque le procureur de la République de Lyon, Marc Désert, avait fait appel du jugement, il avait alors déclaré: «l’attitude de Toni Musulin, qui n’a rien dit et souhaite capitaliser sur le produit de son vol, incite à davantage de sévérité.»

>> Le portrait de Toni Musulin à lire par ici.

«Tout cela pour des billets non numérotés et que personne ne réclame, oui c’est un acharnement!», s’emporte Hervé Banbanaste qui voit «un enjeu politique» derrière ce procès. «Toni Musulin a des hauts et des bas, poursuit Christophe Cottet-Bretonnier. Mais il reste combatif.» L’anglais et l’exercice physique, pratiqué dans une minuscule cour, sont devenus ses passe-temps préférés. A tel point que ses baskets en sont complètement usées.