Les enseignants désobéisseurs veulent «afficher leur résistance» au grand jour

EDUCATION Le collectif achève ce mercredi sa deuxième université d’été à Lyon...

A Lyon, C.B.

— 

Alain Refalo, professeur «désobéisseur» et initiateur du «Mouvement des enseignants en résistance pédagogique», prononce un discours devant quelque 500 professeurs et parents d'élèves venus le soutenir, le 9 juillet 2009 devant le siège de l'inspection académique de Haute-Garonne à Toulouse.
Alain Refalo, professeur «désobéisseur» et initiateur du «Mouvement des enseignants en résistance pédagogique», prononce un discours devant quelque 500 professeurs et parents d'élèves venus le soutenir, le 9 juillet 2009 devant le siège de l'inspection académique de Haute-Garonne à Toulouse. — AFP/Eric Cabanis

Ils ont décidé de ne plus se cacher. Le «réseau des enseignants du primaire en résistance», réuni depuis lundi à Lyon pour décider des actions à suivre à la rentrée, a annoncé ce mercredi vouloir «afficher sa résistance» au grand jour. Après deux années d’existence, le collectif, composé de 3.000 enseignants, a rédigé ce mercredi «une lettre de résistance à envoyer aux autorités» de façon individuelle. Et appellent leurs collègues du secondaire à les rejoindre dans le mouvement.

Le réseau dénonce «la logique d’entreprise» de l’Education nationale et « la mise en concurrence des écoles et des élèves». «Aujourd’hui, la réussite pour tous n’est plus une obligation pour l’Etat», déplore Marie-Odile Caleca, professeur des écoles dans le Puy-de-Dôme.

Moins de sanctions

Parmi les principales actions des enseignants: la non application à la lettre des nouveaux programmes de 2008 «appauvris», selon eux, le boycott des évaluations nationales CE1 et CM2 et la transmission des résultats au ministère de l’Education nationale ou encore le refus de renseigner le fichier Base élèves. Une désobéissance pédagogique qu’ils comptent poursuivre en 2010-2011.

«Pour l’année 2008-2009, nous avons recensé une centaine de retenues sur salaires et trois sanctions disciplinaires pour ces actions. Mais l’an passé, nous avons constaté une répression beaucoup plus faible. Pourtant, environ 15% des enseignants n’ont pas fait  remonter les résultats au ministère. L’administration nous laisse davantage de souplesse», relate Alain Refalo, membre du collectif en Haute-Garonne, lui-même sévèrement sanctionné.

Selon lui, davantage de directeurs d’école ont reçu des pressions ou ont été démis de leurs fonctions pour avoir refusé de renseigner le fichier Base élèves.

>> Et vous, votre enfant a-t-il un enseignant en résistance? Qu'en pensez-vous? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.