Des bactéries mangeuses d'hydrocarbures pour dépolluer un terrain en chantier à Lyon

ENVIRONNEMENT Ce procédé reste rare en ville car il nécessite beaucoup de surface...

A Lyon, C.B.

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Sur le site du futur siège régional de Pôle emploi, à Gerland (7e) ce sont les bactéries qui font le ménage. A partir de la mi-août, ces petites bêtes mangeuses d’hydrocarbures vont «se mettre à table» pour dépolluer ce terrain de 3.000 m2.

Acien site de stockage de carburants, puis emplacement d’une société de transports, le lieu concentre entre 6.000 et 10.000 mg d’hydrocarbures par kilo de terre. Un niveau de pollution que le promoteur immobilier DCB International n’avait jamais eu à traiter. «Des cuves de pétrole ont coulé pendant des décennies. L’odeur du polluant est encore forte», atteste le dirigeant de DCB International Didier Caudard-Breille. Nous avons donc mené une réflexion pour tenter de redonner à la terre sa qualité environnementale avec le bilan carbone le moins élevé possible.»

Un traitement inoffensif pour les riverains

D’ordinaire, la terre polluée aurait été évacuée par camion puis brûlée en l’espace de deux mois. La  méthode de la bio-dépollution, elle, nécessite de tripler la surface du terrain pour pouvoir constituer des monticules de terre où les bactéries seront déposées. «C’est pour cette raison que ce procédé de mise en tertre est très rarement utilisé en ville», poursuit Didier Caudard-Breille.

Le promoteur veut également rassurer les riverains sur «l’aspect inoffensif» du traitement. L’ensemble des terres dépolluées sont couvertes par une bâche qui limite la dispersion des polluants et des poussières contaminées.

L’opération, qui coûte 880.000 euros, est estimée 20 à 30% moins chère qu’une dépollution classique. Mais plus longue puisque les bactéries mettront entre six et huit mois à tout manger. Enfin presque tout puisque l’objectif du traitement est de tomber en dessous d'un taux d'hydrocarbures de 500mg/kg de terre.