Quand Max Frérot faisait parler la poudre

JUSTICE Libéré aujourd'hui, l'artificier d'Action directe avait commis des hold-up sanglants à Lyon...

Frédéric Crouzet

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Max Frérot après son arrestation à Lyon, en novembre 1987.
Max Frérot après son arrestation à Lyon, en novembre 1987. — AFP

Maxime Frérot, l'ancien artificier de la branche lyonnaise d'Action directe (AD), devrait sortir de prison aujourd'hui après vingt-trois ans de détention. Il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité à Lyon en 1989, puis à Paris en 1992 pour une série d'attentats et de hold-up, qui avaient ensanglanté Lyon dans les années 1980.

1980, premiers braquages

A la fin des années 1970, André Olivier, un des fondateurs du groupe terroriste d'extrême gauche Action directe, recrute Max Frérot. Né en 1956, il fut élève au lycée Ampère et vient d'effectuer son service militaire chez les parachutistes avec une spécialisation en explosifs. Dès leurs premières actions signées par des tracts « l'affiche rouge », le commando fait preuve d'une extrême violence.

Un convoyeur de fonds est abattu le 29 octobre 1980 lors d'un hold-up à Caluire. Un policier est tué lors du braquage d'une agence de la Société Lyonnaise de banque en 1981. Cette même année, ils s'attaquent à une agence BNP avenue de Saxe. Le responsable de la banque est victime d'un coup de couteau dans le ventre et une employée sera rouée de coups.

1984, la mort d'un général

Ce 27 mars 1984, André Olivier et Max Frérot font irruption dans la BNP de la rue Victor-Hugo. Parmi les clients, le général de gendarmerie Guy Delfosse tente de s'interposer en dialoguant avec les braqueurs. Réponse de Max Frérot : une balle en pleine tête, à bout portant.

1986, l'attentat

En avril, un mois après l'arrestation d'André Olivier, le président de la société Black & Decker est abattu devant son domicile à Ecully. Le lendemain, rue Servient (3e), une charge de plastic souffle les locaux d'American Express. Deux actions imputées à la branche lyonnaise d'AD.

1987, l'arrestation

Le 27 novembre, Max Frérot est arrêté un peu par hasard par deux policiers dans le parking en sous-sol de l'hôtel Mercure de la gare de la Part-Dieu. Frérot a cherché à fuir en ouvrant le feu sur les policiers.

2002, l'épilogue

Sur la base d'un renseignement des RG, la police découvre dans des caves des rues Rochette (7e) et Vauban (6e) plus de 250 kg d'explosifs et des armes. Il s'agissait des caches de Max Frérot.

LIBERTE

Incarcéré à Nîmes, Max Frérot bénéficiait depuis un an d'un régime de semi-liberté. Il travaille la journée à Arles dans une association liée aux éditions Actes Sud.