La nouvelle ligne Rhônexpress, premier prix du tarif élevé

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Des lattes de bois au sol, un local d'accueil en préfabriqué, des bâches tendues pour guider les voyageurs. A la gare de Saint-Exupéry, le terminus de la nouvelle ligne de tram-train Rhônexpress, qui reliera la Part-Dieu à l'aéroport en moins de trente minutes à partir du 9 août, n'est pas encore achevé. Pendant quelques mois, les 3 000 voyageurs quotidiens attendus devront traîner leur valise à roulette sur environ 300 m, avant de gagner le hall de la gare. Puis, il leur faudra encore emprunter les longs tapis roulants pour rejoindre les terminaux. « Tout sera prêt en avril 2011. Nous avons eu du retard sur les appels d'offres », indique Eric Boulland, directeur de CFTA, la filiale de Veolia qui va exploiter la ligne pour le compte du consortium privé Rhônexpress. Mais ce terminus inachevé et éloigné des avions ne sera pas la seule mauvaise surprise des voyageurs.
Sur certains blogs, les futurs tarifs (13 € l'aller simple, 23 € l'aller-retour) ont fait bondir les internautes. Et presque regretter les bons vieux Satobus, qui mettaient certes parfois plus d'une heure à rallier l'aéroport, mais pour seulement 15,80 € l'aller-retour. Et qui déposaient les passagers au pied des terminaux. « Mais c'est un prix raisonnable par rapport à ce qui se pratique ailleurs en Europe. Et nous offrons un service de haute qualité, avec des cadences importantes et une grande fiabilité. Le temps de parcours en trente minutes est garanti », justifie Luc Borgna, directeur de Rhônexpress. Concédée par le conseil général à un consortium qui réuni la Caisse des Dépôts, Veolia et Vinci, cette ligne de 22 km va « fonctionner sans coûter d'argent au contribuable », précise Rhônexpress, qui a prévu de rembourser intégralement ses clients en cas de retard supérieur à vingt minutes.

Plus cher que la voiture ?
Un carnet de six voyages à 66 € sera mis en vente pour les groupes. Les trajets seront également gratuits pour les enfants de moins de 12 ans et à tarif réduit pour les 12-25 ans. Rhônexpress mise sur un million de voyageurs la première année, contre 850 000 pour les Satobus en 2009. Avec ces rames confortables, équipées d'écran d'information (horaires des vols, des TGV), la société vise avant tout une clientèle d'affaires, soucieuse de la ponctualité, sur le thème « atterrissez à la Part-Dieu ». Les familles pourraient lui préférer la voiture. A l'aéroport, le parking longue durée coûte 45 € pour 7 jours. Soit le prix de deux allers-retours en RhônexpressFrédéric crouzet