A Saint-Priest, des chômeurs mettent leurs CV sur des sets de table

Sandrine Boucher

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C'est une idée anticrise simple, pas chère et efficace : imprimer des CV de demandeurs d'emplois sur des sets de table. Ils sont caristes, agents d'entretien, secrétaires, paysagistes. Galèrent pour trouver du travail. En moins d'un an, 44 chômeurs de Saint-Priest ont ainsi diffusé leur candidature, d'abord à la cafétéria du pôle technologique (600 entreprises) et, depuis début juin, dans quatre restaurants de la commune.
Résultat : 27 ont repris une activité, dont 3 en CDI, 11 en CDD de plus de six mois, les autres en missions d'intérim, contrats en alternance ou formation. L'opération « L'Emploi vient en mangeant », qui n'a coûté que 3 300 euros, avait été lancée en septembre dernier, dans une « époque de grande morosité », se souvient Philippe Nicolino, l'adjoint à la mairie (PS) en charge du Développement économique. « C'était une façon de ne pas rester les bras ballants devant la crise et les discours négatifs. On n'avait rien à perdre », ajoute-t-il.

Compétences locales
Saint-Priest affiche un taux de chômage de 12 %, supérieur à la moyenne de l'agglomération, et compte plus de 500 chômeurs en difficulté, suivis dans le cadre du Plan local pour l'insertion et l'emploi (Plie). C'est parmi eux qu'ont été choisis les 44 candidats mis en avant sur les sets de table, avec leur contact et celui du service – gratuit – d'aide au recrutement. « Il s'agissait de montrer aux entreprises qu'elles peuvent trouver localement des compétences et des ressources », explique Carole Auberger, chef de projet Plie. Il y a quelques jours, Sylvie, 54 ans, en recherche d'emploi depuis près d'un an, a reçu un appel d'un recruteur qui avait découvert son CV en déjeunant au restaurant Le Central. « Il avait trouvé la démarche originale », dit-elle. Elle vient de passer un entretien pour un poste de logisticienne. Elle attend la réponse. Elle non plus n'a rien à perdre.