Des universitaires pour évaluer la vidéosurveillance à Lyon

Frédéric Crouzet

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La politique de vidéosurveillance de Lyon va faire l'objet d'une thèse. A la demande de la municipalité, des universitaires vont se pencher sur l'utilité des 200 caméras installées sur la voie publique. C'est la réponse que vient d'apporter la mairie aux critiques de la chambre régionale des comptes, formulées dans un rapport consacré à la politique de sécurité de la municipalité. Les magistrats demeurent sceptiques sur le lien entre la baisse de la délinquance et le triplement du nombre de caméras entre 2003 et 2008. Et demandent une meilleure évaluation de la pertinence de ce système, qui aura coûté un million d'euros par an à la ville, soit 58 000 € pour chaque nouvelle caméra. Auquel il faut ajouter 460 000 € annuels de frais de fonctionnement.

Réseau étendu sans évaluation
« Sur les trois dernières années, la délinquance de voie publique baisse de 22,6 % sur l'ensemble de la ville. Elle baisse de 23,5 % sur les îlots où le dispositif de vidéosurveillance est installé », relativise la chambre régionale des comptes. Elle note également que le nombre de faits délictueux a beaucoup plus diminué à Villeurbanne, commune dont le maire PS Jean-Paul Bret refuse toujours la présence de caméras. « Il est vrai que personne ne peut dire quelle est la part de la vidéosurveillance dans la baisse de délinquance. Mais elle est efficace pour une meilleure élucidation des faits et assure une meilleure réactivité des forces de l'ordre en cas de mouvements de foule dangereux », justifie Jean-Louis Touraine, premier adjoint en charge des questions de sécurité. « Nous avons multiplié le nombre de caméras sans passer par une phase d'expérimentation et donc sans évaluation », regrette Françoise Rivoire, élue d'Europe Ecologie. Et en attendant les résultats des travaux universitaires, prévus dans trois ans, la ville devrait encore étendre son réseau de caméras.