Les élèves de l'Insa recyclent leur chambre

Carole Bianchi

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Les partiels achevés, Izabel a commencé à vider sa chambre universitaire. Après deux années passées à l'Insa, cette étudiante brésilienne voulait « se débarrasser de ses vêtements d'hiver » dont elle n'aura plus besoin dans son pays. D'un oreiller, d'une lampe et de cintres aussi. La jeune femme a tout déposé à la «Recyclerie» de l'Insa, ouverte chaque midi jusqu'au 30 juin. Ce système de collecte, imaginé par des étudiants à l'occasion d'un concours sur le développement durable, vient d'être mis en place sur trois sites du campus de l'école d'ingénieur, à Villeurbanne.

Revendus aux nouveaux étudiants
Au lieu de tout jeter dans des grandes bennes, les élèves ingénieurs sont invités à déposer leur mobilier, habits, vaisselle, rideaux, électroménagers qui peuvent avoir une deuxième vie. A la rentrée universitaire, tous ces objets seront revendus à très bas prix aux nouveaux étudiants, en particuliers les étrangers, qui souhaitent meubler leur chambre à moindre coût. « On fait une bonne action et on récupère un peu d'argent, c'est tout bénéfice », assure Damien Casetta, président de l'association étudiante Objectif 21, qui pilote cette opération, unique en France, selon l'Insa. Le maillage des poubelles jaunes du Grand Lyon a également été renforcé au pied des résidences. Mathieu Bouyer, ingénieur développement durable à l'Insa, se félicite de « cette direction environnementale et solidaire » que prend le campus. Selon lui, 20 % des déchets déposés dans les bennes de la Doua sont réutilisables, soit 36 m3 d'objets. « C'est toujours un peu l'anarchie avec les départs précipités avant les grandes vacances. Le message est donc de faire comprendre aux étudiants de ne pas jeter n'importe quoi ». Sur 3 200 élèves interrogés par questionnaire, 400 se sont déclarés prêts à participer à l'expérience. A terme, Mathieu Bouyer aimerait bien que le personnel, voire les habitants du quartier, viennent également apportent leurs meubles et objets.

Moins bêtes

A la suite d'un concours lancé en 2005 sur les économies d'énergie, le restaurant universitaire de l'Insa propose désormais chaque jeudi un repas sans graisse animale, intitulé « Manger moins bêtes ». L'objectif est de réduire l'impact de l'alimentation sur l'environnement en ne mangeant pas de viande ni de poisson un jour par semaine. « Les lasagnes végétariennes ont un très grand succès », souligne Damien Casetta, président de l'association Objectif 21.