Des cardiaques contre les mauvaises sondes

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« Plus on m'embête, plus j'ai la rage »

Depuis douze ans, Louis Vincent, 64 ans, se bat sans relâche avec plusieurs malades du coeur contre la société TPLC, fabricant américain de la sonde cardiaque défectueuse Accufix, retirée du marché français en 1994

Cet après-midi, la société TPLC doit comparaître devant le tribunal de grande instance de Lyon

Huit nouveaux malades l'ont attaqué sur le défaut de fabrication de la sonde Accufix

Depuis 1996, vingt-quatre adhérents de l'Association de défense des porteurs de sondes cardiaques défectueuses (ADPSCD), créée par Louis Vincent en 1995, ont déjà assigné TPLC en justice

Mais la plupart des malades, qui devaient être indemnisés après le jugement en première instance, ont été déboutés en appel, le 25 novembre 2004

« La cour a considéré que ceux dont la sonde n'avait pas encore cassé n'avaient pas à recevoir d'indemnisation ! », souligne Louis Vincent, lui-même porteur pendant plus d'un an d'une sonde défectueuse qui aurait pu entraîner sa mort

Depuis, cet ancien détective privé recherche inlassablement de nouvelles pièces prouvant la responsabilité de TPLC dans ce qu'il appelle « un scandale de santé publique »

A défaut d'une retraite paisible à la campagne, il classe et surligne méthodiquement des lettres et des articles de journaux dans son petit bureau bleu du 8e arrondissement lyonnais

Récemment, il a obtenu un document indiquant que la sonde Accufix n'avait jamais été certifiée CE, comme TPLC l'affirmait

« J'ai confiance en cette société comme en un serpent à sonnette sous ma couette », résume-t-il, amer, avant d'ajouter : « J'irai jusqu'au bout

» Aujourd'hui, il attend « que justice soit rendue » tout simplement

Carole Bianchi

cassation Le 22 février, la cour de cassation examinera le pourvoi de neuf malades, déboutés en appel. En 2005, TPLC proposait d'indemniser les plaignants s'ils cessaient leurs poursuites. Le fabricant s'est ensuite rétracté.