«Je ne suis pas du genre à brûler des cagettes»

REPORTAGE Des salariés de l'usine Bosch, à Vénissieux, ont entamé ce mercredi un périple de 700km à vélo pour défendre leur outil de travail...

A Lyon, Carole Bianchi

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Jean-Luc Gomard, auditeur qualité âgé de 44 ans chez Bosch, n’a pas vraiment l’âme d’un sportif. «L’arnica sera ma nouvelle amie pour dix jours», s’amuse-t-il, équipé de la tête au pied comme un cycliste professionnel. Avec lui, dix autres salariés du site de Vénissieux, dans le Rhône, sont partis ce mercredi après-midi pour un «Bosch vélo raid» de 700km jusqu’en Allemagne.

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Mais ils ne vont «pas pédaler pour s’amuser», précisent-ils. Ces salariés, dont l’avenir professionnel est compromis sur le site de Vénissieux faute d’activité, vont porter un message clair à leurs dirigeants près de Stuttgart. «Si fin 2011 nous n’avons pas de nouveaux contrats, nous n’avons plus de travail, témoigne Jean-Luc Gomard. Nous sommes déjà passés de 1.000 salariés à 680 en quelques années. Alors notre avenir, nous le voulons ici, sur le site de Vénissieux.»

«Brûler les cagettes» ne résout rien

Lionel Giraud, acheteur chez Bosch, trouvait «l’idée du raid plutôt sympa et novatrice». «Je ne suis pas du genre à brûler les cagettes. Il faut des actions syndicales, mais menées de façon intelligente», explique-t-il.

«Ce raid en vélo est une nouvelle forme de syndicalisme en France», atteste Marc Soubitez, secrétaire du comité d’entreprise de Bosch-Vénissieux, délégué CFDT, syndicat majoritaire du site à l’initiative du périple.

Après une photo de famille des cyclistes portant des maillots Bosch noir, rouge et blanc, et quelques dernières embrassades, les salariés sont partis à 14 h vers Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. « On a laissé la place aux jeunes, lance Gilles Rinaldi, responsable magasin, en blouse grise. On ne peut pas dire qu’on se plaint tout le temps. Là au moins, on agit.»

Même la direction soutien l’action

Même la direction de l’usine soutient cette action. «C’est un événement positif et constructif qui montre l’engagement du site à vouloir trouver une solution pour les salariés», indique Marc Baeumlin, responsable technique.

Un plan de départ volontaire a été engagé chez Bosch en raison des difficultés économiques conjoncturelles que connaît l’équipementier automobile.