Guéguerre pour l'abri antiaérien

Sandrine Boucher

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L'abri antiaérien du square Picot (8e), dans lequel des Lyonnais se réfugièrent le 26 mai 1944 pour échapper aux bombardements alliés, n'est toujours pas ouvert au public. Inauguré en septembre 2009, ce vestige de la Seconde Guerre mondiale avait été déplacé et reconstruit par le Sytral, autorité organisatrice des transports, dans le cadre des travaux de la ligne de tramway T4. Aménagé, éclairé, équipé de panneaux d'exposition, il devait ensuite accueillir des visiteurs. Mais, il demeure fermé.

Conflit entre habitants et mairie
« A cause d'un blocage de la mairie », déplore Eddie-Gilles Di Pierno, le président du Comité d'intérêt local (CIL) du quartier des Etats-Unis. Pas du tout, répond Christian Coulon, maire PS du 8e arrondissement : « Il y a des infiltrations d'eau, c'est dangereux. » Le musée urbain Tony Garnier, gestionnaire du site, qui veut « l'ouvrir au plus tôt », vient d'écrire au propriétaire du terrain pour qu'il exige du Sytral la reprise du chantier. L'ouverture de l'abri semble surtout faire les frais du conflit qui oppose l'association d'habitants au maire. En 2009, il s'était opposé à la commémoration, dans son arrondissement, des victimes des bombardements du 26 mai 1944, qui avaient fait 700 morts à Lyon, dénonçant une « démarche pétainiste ». Des mots que ne digère toujours pas le CIL Etats-Unis, et qui, depuis, a compulsé les archives et décompté une quinzaine de morts dans le quartier. Ce que l'élu dénie : « Il n'y a pas eu de bombardements sur le quartier des Etats-Unis », continue-t-il d'affirmer, après avoir consulté des historiens. Cette année, les habitants ont renoncé à organiser demain une commémoration, « pour ne pas mettre d'huile sur le feu ».